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Le
témoignage
de Jean
FLEURY






témoignage de Jean FLEURY, bien connu des habitants du quartier et des générations de footballeurs en herbe qui sont passés au club du MSO. Merci Jean pour ce beau témoignage offert à tous.



Le Roy d'Espagne avant .... 1960.



Natif de la vieille Chapelle, puis résident à Bonneveine à partir de 1955, le domaine du Roy d'Espagne fut l'un de nos terrains d'aventures en ces années 50.

Les souvenirs sont un peu vagues, comme la silhouette fantomatique de ce château perdu dans la pinéde. La grille du bas, en bordure du chemin, permettait l'accès à cette forêt de pins "parasols", de chênes nains et à la sablière qui dévalait en lieu et place du boulevard Velasquez. Ce sable, semblable à celui de la plage de la pointe rouge avait été amené là au fil des siècles par un vent généreux.

Par-ci, par là, quelques prairies sauvages se prélassaient aux soleil, multicolores, odorantes avec les coquelicots, les "boutons d'or", massifs de genêts, les "piquants" et autres "spigaous", ce n'étaient que coccinelles, abeilles, cigales et petites sauterelles dont nous imitions le chant et qui montaient le long de notre bras.

Les gamins de dix ans, adoraient venir dans cette jungle, qui était un peu notre forêt de Brocéliande à nous, les cigales de leurs chants assourdissants, nous rappelant que nous étions en Provence.

Aucun bruit de la ville ne parvenait en ces lieux ; quelquefois les chevaux des écuries de courses avoisinantes, faisaient leur promenade à l'ombre des pins. Au début de l'automne, avec mon grand-père, on allait plus haut dans le domaine pour ramasser "la mousse" de la crèche. Les alentours n'étaient que champs de maraichers et fermes. Avec tous mes copains, dont un, Jean-Pierre, allait devenir le plus célébre des Jean-Pierre de la radio et de la télévision, ces pinédes étaient notre escale lors de nos randonnées en vélo jusqu'aux Baumettes.

Une qualité de vie exceptionnelle dans ce quartier du sud de Marseille, tellement bien que j'y ai élu domicile depuis 1974, au retour d'une vie de marin.

Formons le souhait de conserver ce cadre toujours aussi agréable. C'est un des derniers poumons verts de la ville de Marseille.

       Jean FLEURY
Marseille, le Roy d'Espagne, 10 juillet 2007