Bonjour,
"Habitante du quartier depuis 1968, j'ai retrouvé beaucoup de souvenirs
en
lisant le témoignage de Jean-André
ALONSO qui était surnommé à l'époque,
si je ne me trompe, "Néné" par sa
famille.
La famille ALONSO vivait au 9
boulevard Velasquez, dans l'immeuble où
vivait ma grand-mère, Madame
MOISSENET.
A la vérité, nos familles étaient
fâchées, je n'ai jamais su pour quelles
raisons. Mais le hasard a voulu que,
même en déménageant,
nos deux famillesse retrouvent dans le même immeuble,
au n° 8 du
Boulevard Velasquez.
J'ai gardé aussi en mémoire les
commerces du centre commercial.
Le casino situé tout au bout, en haut
était tenu par Monsieur et Madame
LEONI.
A côté, le magasin de jouets dont
parle Jean-André s'appelait "Tout pour
l'enfant" et proposait aussi des
vêtements. Il était tenu par Monsieur et
Madame BOURDET.
A côté du magasin de jouets, se
trouvait le 5 à Sec, puis il y avait une
droguerie, tenue par une dame très
blonde et très coquette.
La grande pente des escaliers menant
de la droguerie au tabac était
merveilleuse à descendre en patins à
roulettes aux heures de fermetures des
magasins (entre midi et 16
h).
Le commerce qui se trouvait à côté du
tabac était une mercerie tenue par
Mademoiselle Yolande Pellaprat. A
l'époque, les femmes amenaient
leur bas à repriser chez Yolande et ça caquetait
dur dans la boutique !
La boulangerie était tenue par
Monsieur et Madame MANGILI (que l'on voit
toujours au Roy d'Espagne de temps en
temps).
Je me souviens des bonbons à 1 et 2 centimes (de francs !). Avec 1
franc,
on s'en mettait plein le ventre.
Céline BIZET a raison : les pommes
dauphines de Madame GABORIT étaient
d'enfer. Et Céline est le portrait
craché de son père !
L'autre supermarché, celui de la
place, s'appelait UNA et était tenu au
départ par Monsieur Torossian, le
père de Michèle.
Le primeur (qui n'a pas changé de
place) était tenu par Monsieur et Madame
FIDANI. Mais tout le monde appelait
Monsieur FIDANI par son prénom :
Monsieur Francis. Du coup, Madame
FIDANI était devenue Madame Francis !
Ils étaient adorables.
A côté du primeur se tenait une
boucherie qui a appartenu durant de
nombreuses années à Monsieur Serge
REYNAUD.
La pharmacie était toute petite. Elle
appartenait à une dame dont j'ai
oublié le nom.
Nous allions effectivement chercher
le lait et le beurre tout en bas du Roy
d'Espagne, dans une ferme qui sentait
bon la vache et qui se serait située à
peu près en face du tennis du Roy
d'Es si ce dernier avait existé.
J'étais en primaire à l'école
Chabrier. Il y avait peu de temps que le
primaire était devenu mixte.
Jusqu'alors, il y avait l'école des filles (à
gauche de la maternelle) et l'école
des garçons (à droite).
Moi je me suis retrouvée dans la cour des garçons et
je ne comprenais
pas pourquoi puisque j'étais une fille.
Lorsqu'ils ont commencé à construire
la Caisse d'Epargne, nous jouions sur
le chantier, le dimanche. Etant donné
qu'il n'y avait personne, nous
faisions des parties de cache-cache
entre les cloisons qui formaient pour
nous un labyrinthe. C'était
dangeureux et paraît impensable aujourd'hui.
L'été, lorsqu'arrivait le début de
soirée, les gens sortaient s'asseoir sur
les bancs qui forment le pourtour du
terrain de basket (où les garçons n'ont
jamais joué qu'au foot !). Là, les
habitants savouraient le jour finissant
qui amenait une brise bienfaisante.
Il y avait toutes sortes d'accents au
français que l'on entendait; même si
les pieds-noirs (dont j'étais issue)
étaient apparemment les plus
nombreux.
Il y avait des enfants partout. Nous
vivions dehors à longueur d'année.
Notre enfance nous suit toute notre
vie.
Une enfance passée au Roy d'Espagne peut-être encore
davantage.
C'est pourquoi j'ai fait le choix de
rester à proximité et de mettre mes enfants
à l'école Chabrier (j'ai habité
rue Floralia durant 15 ans avant de
revenir vivre
Allée Albeniz où j'ai retrouvé, cette fois comme voisine, mon institutrice du
CP).
D'ailleurs mon fils a eu en dernière
année de maternelle l'institutrice que
j'avais eue moi-même lorsque j'avais
cinq ans.
Quelle émotion de nous retrouver après tant d'années et de
m'apercevoir
qu'elle ne m'avait pas oubliée (il faut dire que je m'étais
sauvée de l'école
maternelle en passant sous le grillage, c'est le genre d'événement
qui
marque dans une carrière !).
Je voulais offrir à mes petits une
enfance qui ressemblerait à la mienne.
Ils sont aussi allés au collège du
Roy d'Espagne et mon fils est aujourd'hui
à Marseilleveyre.
Et même si j'ai été obligée de
quitter ce beau quartier l'an dernier pour
aller à Sainte-Anne, j'ai gardé
fidélité à mes commerçants, à mon coiffeur,
à mon kiné...
J'y reviens au moins trois fois par
semaine, je viens voir mon frère qui
habite toujours là et je fais souvent
le tour à pieds, pour le plaisir.
J'espère que je trouverai bientôt un
logement pour y revenir car c'est ici
chez moi."
Bravo pour votre site. C'est un pur
bonheur.
Je le montrerai à mon compagnon qui se moque de moi en disant que
je
suis amoureuse du Roy d'Espagne.
Je ne suis pas la seule, la preuve
!
Je crois que nos enfants sont allés
en classe ensemble (si vous avez bien un
fils prénommé Vincent, ma fille
s'appelle Pascale) mais je peux me tromper.
J'espère que mes souvenirs vous
intéresseront. J'en ai encore tant d'autres.
Je possède également des films mais
en 8 mm, où l'on voit le boulevard
Velasquez en été, l'allée Murillo
sous la neige... Je ne sais s'ils sont
exploitables. Je peux peut-être me
renseigner si vous voulez.
Merci encore pour ce beau
site.