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24 octobre 2008
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Pour vous décrire l'histoire de ce quartier superbe
à travers les âges, j'aurais pu vous aligner froidement
les détails recueillis lors de mes recherches. Mais, la
beauté des lieux et leur atmosphère très particulière
n'auraient, alors, pas été correctement retranscrites.
Aussi,
j'ai laissé gambader mon imagination pour vous raconter huit
courtes et petites histoires, romancées, avec des personnages qui
ont existés, ou probablement existés, évoluants dans des lieux que
vous connaissez bien.
Des histoires courtes contenant des
détails historiques et des descriptions d'endroits familiers
mais .... à différentes époques !
Voyageons donc ensemble dans le temps .....

IL ETAIT UNE FOIS
...
LE QUARTIER DU
ROY
D'ESPAGNE
A MARSEILLE.
Songez, laissez vous guider par votre
imagination,
vous qui connaissez ces lieux aujourd'hui ...
Pouvez-vous
croire que tout n'a pas toujours été
comme ça ...
Histoire 1
- 17.000 ans avant
J.C. : Par une matinée ensoleillée.
Face à la mer Méditerranée
sur des collines majestueuses de calcaire blanc recouvertes d'une
végétation luxuriante vit une tribu d'hommes
préhistoriques.
C'est le clan de Gours le guerrier, fort d'une
trentaine de membres.
Ceux-ci ont trouvé refuge, contre les
innombrables dangers qui les guettent, dans une grotte profonde,
accessible seulement par un long boyau au milieu d'une falaise
à 80 mètres au dessus du niveau de la mer. De retour de
la chasse, Gours et ses frères tracent sur les parois de la
grotte des dessins d'animaux qu'ils côtoient dans ces collines.
Des chevaux, des bouquetins, des chamois, des bisons, des cerfs et
des animaux marins (phoques et pingouins).
La plupart des animaux sont gravés,
certains sont peints. Ils reportent là, les animaux qu'ils
croisent, chassent, ou combattent là-bas dans la vallée
au pied des collines, dans cette forêt profonde (ou
s'élèvera 18.960 ans plus tard le parc du Roy
d'Espagne) à environ sept ou huit jets de lance de leur
repaire (qui sera découvert le 9 juillet 1991 à 37
mètres sous la surface) par un plongeur de Cassis qui lui
donnera son nom : Henri COSQUER.
Histoire 2
- 600 avant JC : un
début d'après-midi sur les hauteurs du massif de
Marseilleveyre
Naas est monté en haut des collines, il
doit retrouver sa chèvre disparue depuis deux jours
maintenant.
Son père Kaatûs est furieux: elle
était, comme tout le troupeau de dix-sept têtes, sous sa
responsabilité. Naas, petit bonhomme de 12 printemps s'est dit
qu'en haut du massif (culminant à 365 m) il pourrait
peut-être la repérer. Se servant d'une main
collée sur son front pour éviter les rayons du soleil,
il scrute l'horizon. Sa vision est fantastique, du haut de ce massif
il peut apercevoir toute la vallée, le pays Ségobrige
(tribu locale) s'étend à ses pieds. Son regard
s'attarde sur ces îles verdoyantes au large devant lui, quand
son attention est attirée par d'étranges objets
flottants munis de grandes toiles de tissus blanc qui avancent
péniblement (poussés par le vent de l'est) en suivant
la côte.
Naas est impressionné : ces objets,
semblent avoir été construits par l'homme. D'ailleurs,
il distingue nettement les équipages en train de s'affairer
pour manoeuvrer les lourdes embarcations. De chaque coté de
ces étranges machines de longues barres de bois frappent la
surface en cadence.
Après un instant de stupéfaction,
le petit bonhomme reprend ses esprits et file dévaler la pente
en direction de son vallon afin d'avertir ses parents de son
étrange découverte. Naas a complètement
oublié sa chèvre, il saute par dessus les rochers afin
d'atteindre plus rapidement sa bergerie dans un petit vallon
où coule une source fraiche.
Naas vient d'assister, sans le savoir, à
un grand moment de notre histoire : le passage, au large du massif de
Marseilleveyre des deux navires Phocéens qui, dans un moment,
entreront dans le lacydon pour y fonder la ville que nous appelons
aujourd'hui ...MARSEILLE.
Histoire 3
4 juin 1793 : Napoleon au Roy d'ES:
Une idylle entre le jeune Napoléon Bonaparte et la jeune
Désiré Clary a bien eu lieu dans les bois du futur
quartier du Roy d'Espagne. Les nombreux pins et sous-bois des flancs de
Marseilleveyre peuvent en attester.
Cette année là, chez les Pastré chez les Cary on
avait voulu voir le jeune officier qui venait de délivrer Toulon
des Anglais: Joseph BONAPARTE, frère du futur Empereur, qui
était fiancé à Julie CLARY
présenta son cadet à son futur beau-père qui
fut heureux et honoré d'offrir l'hospitalité au vainqueur
de Toulon.
Parmi toutes les filles de François CLARY, qui en avait neuf,
Napoléon distingua Désirée et lui fit la cour.
Venant de Toulon ou il était en garnison, il débarquait
alors régulièrement à la Vieille Chapelle d'ou il rejoignait sa belle à la
bastide de Montredon propriété de la famille CLARY.
Ensemble, ils chevauchaient dans
les bois des chateaux PASTRE, MUSSO et BASTIDE (les deux
proriétés qui deviendront 150 ans plus tard le quartier
du Roy d'ESPAGNE) pour des longues et tendres rencontres d'amoureux
Pourquoi ne l'épousa-t-il pas ?
Les mauvaises langues ont raconté que lorsque Napoléon
fit sa demande il s'attira du père CLARY cette réponse
ahurissante :
" j'ai assez d'un Bonaparte dans ma famille"
Très piquante en soi, cette réponse, étant
donné les circonstances où elle aurait été
faite, eut été absurde. On a prouvé qu'elle
était invraisemblable, impossible et inventée à
plaisir puisque le pére CLARY décéda le 20 janvier
1794 alors que Joseph épousa sa fille le 1er août.

Désiré CLARY
Quoi qu'il en soit, Désiré CLARY n'épousa pas
Napoléon, elle épousa Bernadotte . Elle ne fut pas
impératrice des Français mais elle devint reine de
Suéde ou régnent encore ses descendants.
Histoire 4
16 juillet 1809 :
Château Bastide.
José NAVARRO
est Espagnol, il travaille aux cuisines du
château, c'est un grand gaillard de 22 ans qui ne rechigne pas
à la tâche. Il est arrivé à Marseille avec
son souverain le 18 octobre 1808, mais depuis quinze jours son
quotidien a beaucoup changé : en effet, le voici maintenant,
nommé aide-cuisinier depuis que son altesse royale d'Espagne
CHARLES IV utilise ce petit château (seulement
prêté à cette date), à environ 7 km de
Marseille, pour en faire sa maison de campagne.
Cette admirable construction composée
d'un bâtiment central flanqué de deux pavillons devient
donc demeure royale. L'intérieur du château a bien
sûr été rapidement aménagé selon
les goûts de sa majesté. L'ordonnance de cette
bâtisse Provençale est maintenant toute espagnole. Des
glaces, des tapis, des bronzes : le luxe visible, se respire. Une
galerie de tableaux représentant des scènes espagnoles
est aménagée. Le raffinement donne des allures de
Versailles au petit château de la banlieue de Marseille.
Sa Majesté passe simplement ses
journées dans son nouveau domaine. Car, la fin
d'après-midi venue, Charles IV s'empresse de regagner
invariablement ses appartements à Marseille. Ce n'est pas le
cas de la Reine Marie-Louise et de son favori Manuel GODOY qui
donnent ce soir un grand bal sur la terrasse du château.
Pendant que José et tous les marmitons
des cuisines s'affairent à la préparation de plats
originaires de la péninsule toute la jeunesse du village
voisin de MAZARGUES se presse aux grilles du domaine. Ils ont
l'espoir d'être admis à assister aux festivités
en compagnie des royalistes de la région trop heureux de
compter parmi eux un authentique couple royal. Les violons
résonnent et résonneront une bonne partie de la nuit ne
troublant en rien le sommeil des cigales sur les pins.
La cour d'Espagne en exil danse sous les
étoiles de Provence. Les rires et les chants se mêlent
au bruit des couverts. José se fraye un chemin au milieu des
fêtards, proposant sur son plateau d'argent des
rafraîchissements aux convives...
Il est tard, la Reine s'est depuis longtemps
retirée dans ses appartements, GODOY, à l'écart
sous un grand pin, refait l'histoire d'Espagne avec quelques soldats
pendant que la foule des joyeux fêtards s'éclaircit peu
à peu. L'orchestre joue son dernier refrain, José lui
de son coté range et nettoie inlassablement...
C'était il y a moins de deux cent ans
à coté de chez nous, à coté de chez vous
...C'était à
l'emplacement du gymnase du collège du roy
d'Espagne
Histoire 5
7 avril 1827 : Foret
du Roi d'ESPAGNE.
Marius FAVRE, en cette belle matinée
d’avril 1827, chasse dans les bois, sur le domaine du château
du Roi d’Espagne. A « l’agachon » dans les
buissons, il guette le passage des lapins, des cailles et autres
volatiles qu’il compte bien mettre à son menu du soir. Dans
son poste de chasse, il a une très bonne visibilité et
admire les pins devant lui qui dansent légèrement sous
l’effet d’un petit mistral. Tout est calme et serein dans la campagne
Provençale. Pourtant c’est aujourd’hui que le brave Marius va
avoir la peur de sa vie et faire une rencontre
extraordinaire.
Un craquement de branche attire son regard sur
le large sentier qui serpente à travers le bois. Il frotte ses
yeux avec ses poings pour se convaincre que ce qu’il voit n’est pas
un rêve …. ou un cauchemar plutôt !
Au dessus des pins, une tête d’animal
avance vers lui en mâchouillant les herbes. Une masse
importante s’approche sur le sentier, c’est certain c’est un monstre,
un animal du diable qui vient droit sur lui pour le dévorer
!!!!!
La panique est totale, lorsque adossé
à un rocher et crispé sur son fusil à silex, il
voit devant lui à dix mètres un animal aussi haut et
gros que dix vaches empilées.
Tétanisé par la peur, à la
limite de l’infarctus, il a devant lui un monstre de couleur jaune
sombre tacheté de noir. La bestiole satanique possède
quatre pattes fines, un gros corps, un long cou et une étrange
tête d’écureuil corné !
La bête est calme et avance nonchalamment
sur le sentier en ondulant de son long cou. Elle ne prend même
pas soin de regarder le pauvre Marius littéralement
enfoncé dans son rocher.
Soudain une voix sort Marius de sa torpeur.
« … Chasseur, au nom du Roy, ne tirez
pas et n’ayez pas peur. Cet animal est une propriété
royale et si vous tirez il vous en cuira ! »
A la suite du monstre, Marius, qui n’a rien
compris voit alors une cinquantaine de personnes dont la
maréchaussée qui suit de près la bête,
semblant la diriger et la protéger.
Soulagé, il voit passer l’étrange
bête et sa cour sans bouger et presque sans
respirer.
Les secondes s’écoulent comme des
heures. Marius, plus blanc que sa chemise survit à sa
terreur.
C’est terminé. Il ne voit plus
désormais du monstre que son énorme arrière
train qui s’éloigne sur le chemin.
Il apprend alors, de la bouche d’un des gardes
Royaux, qu’il vient d’assister à la promenade d’un animal
exotique arrivé à MARSEILLE, il y a quelque temps.
C’est un cadeau pour le roi CHARLES X de la part du Vice-Roi
d’Égypte MEHEMET ALI. L’animal, une
« girafe » prénommée ZARAFA, lui dit-on, vient donc d’Afrique et
n’est point dangereux ni mangeur d’homme. C’est une « haute
dame » qui préfère largement les
végétaux. Elle vit cloîtrée dans une
dépendance de la Préfecture, en attendant de monter
à PARIS intégrer la ménagerie Royale.
L’animal est en balade. En promenade
pour
s’oxygéner dans les bois de la foret du Roy
d’Espagne plaines sableuses elle semble apprécier sa
sortie.
Marius lui ne continuera pas sa chasse,
complètement troublé par sa rencontre peu banale. Il
rentra chez lui illico et s’attabla devant un fort remontant. Il ne
raconta rien de son aventure à quiconque, même à
sa femme Mireille, de peur de passer pour un hurluberlu. De toute
façons, comment aurait-on pu le croire?
la girafe elle,
séjourna encore un peu à MARSEILLE et prit la route,
à pieds …. heu pardon …. à pattes …. vers PARIS qu’elle
atteindra en quelques semaines.
Marius, lui, chassa le reste de sa vie en
surveillant autant les buissons que la cime des pins pour
vérifier qu’une autre apparition diabolique ne vienne pas le
surprendre.
Un ouvrage tout entier est consacré au périple de
cette premiére girafe de France et à son histoire
particuliére il s'agit de "LES AVATARS DE ZARAFA" d'Olivier
LEBLEU aux éditions SEUIL.
On y apprend dans ce livre que cette girafe aimait
particuliérement ses promenades dans le quartier entre "le
chateau d'Espagne" (le chateau du roi d'Espagne) et le MONT REDON (il
peut sagir là tout autant du "petit MONT REDON" (actuel Collet
de BONNEVEINE) ou le "GRAND MONT REDON" l'actuel Mont ROSE.
Toujours dans ce livre on y apprend que notre amie la girafe tout
heureuse de retrouver ici un climat et du sable comme à la
maison s'était échappé de la garde de ses nombreux
gardiens et qu'elle avait été retrouvé quelques
heures plus tard allongée dans l'une de nos sabliére
certainement pour une légéndaire sieste Marseillaise. Il
faut dire qu'après un long voyage en bateau depuis l'Egypte
suivie d'une longue quarantaine au Lazaret de Marseille, elle habitait
un baraquement construit tout exprés pour elle dans la
préfecture. Rien d'étonnant donc que l'air vivifiant de
Marseilleveyre lui ai fait perdre la tête.
Seule représentation
connue du voyage de la girafe à travers la France, ce tableau de
BRASCASSAT ou l'on voit la girafe et ses gardiens.
Histoire 6
24 mars 1876 :
Village de Mazargues
(2934
habitants)
à six
kilomètres de Marseille.
Honoré BOISSON
quitte le village d'un pas rapide, il a passé la nuit chez sa
mère qui habite le haut de la Grande Rue, il est retard pour
prendre son service chez Monsieur JOURDAN au château dit "du
Roi d'Espagne" (à la lisière de la grande forêt
au pied du massif de "Marseilleveire").
Il quitte Mazargues par le chemin qui va
à Marseille en passant par le petit village de Sainte Anne
(829 habitants). Il a froid, en ce petit matin du mois de mars la
gelée est encore visible sur l'herbe basse des champs
environnants. Il a beau serrer d'une main le col de son manteau et
tenir son chapeau de l'autre, le mistral se joue de ces ridicules
protections et assaille notre homme qui arrive au croisement du
Lancier*.
Sans lever la tête, il prend maintenant
la route de Montredon accompagné par les premiers rayons
timides du soleil levant de cet hiver. Honoré, le nez dans ses
sabots, ne prend pas le temps d'admirer la campagne qui l'entoure :
tout n'est que calme et sérénité seulement
troublé par le clocher de Mazargues qui annonce la
septième heure de cette journée naissante.
Il arrive en vue du château du Roi
d'Espagne, c'est certainement la maison la plus vaste et la plus
soignée des alentours. Honoré, palefrenier au
château, pense à ses chevaux et à ce qu'il doit
faire en arrivant.
Il est maintenant entré sur les terres
du domaine, sur le chemin entre deux épais murs de pierres,
hauts comme des murailles, il racle péniblement le sol
irrégulier avec ses vieux sabots usés. Dans les jardins
du château, il chemine sur l'allée centrale et il a
dépassé depuis longtemps la grille de la
propriété quand il arrive enfin devant les
dépendances qui sont considérables.
Le coq se met enfin à chanter, les
chevaux sentent l'arrivée imminente d'Honoré et se
mettent à hennir au moment où celui-ci manoeuvre le
loquet des écuries.
La longue journée du brave homme peut
maintenant commencer, il jette un coup d'oeil machinal vers les
fenêtres du château derrière lui, les volets de la
chambre du maître, en haut de la massive demeure, sont toujours
fermés : Il n'est donc point en retard, il empoigne sa fourche
est va tranquillement chercher du foin pour ses bêtes.
*
A ce carrefour, en 1835 Jean Baptiste Gaudin ouvre une taverne
à l'endroit où le chemin de Mazargues biffurque devant
l'ancienne entrée du chateau et de propriété des
seigneurs. Ancien lancier dans les rangs dans la Grande Armée
de l'Empeureur et fier de son passé, celui-ci raconte sans
cesse ses exploits à sa clientèle. Il ne cessait de
rebattre les oreilles de ses clients du récit de ses exploits
et prouesses de l'époque. "Quant j'étais lancier",
disait-il à tout venant et aussitôt il racontait ses
flambants souvenirs ...
A la longue, les gens du pays pour distinguer cette échoppe
et son singulier tenancier , n'appelèrent plus ce dernier que
du surnom du "lancier". L'histoire dit, racontée par un vieux
mazarguais, Jousselet CHABAUT, dans un petit opuscule en provencal
intitulé "Lou Lancié", qu'un certain Maitre CONTE,
peintre habile qui fit également les premiére peintures
de l'actuelle église de Mazargues, vint un soir au clair de
lune, dessiner sur l'enseigne de GAUDIN et sur sa façade un
magnifique lancier sur son cheval.
L'histoire fit grand bruit et l'établissement
définitivement baptisé. La guinguette prit le nom de
"Le lancier". Le carrefour puis le chemin prirent ensuite le
même nom avec l'usage.
Vers 1876 un plan indique que LE LANCIER n'est qu'un petit hameau
de quelques maisons sur l'embranchement du chemin vicinal n°8
dit de Mazargues avec celui n°37 vers Montredon. Aujourd'hui
c'est un enchevetrement de voitures conduites par des gens
pressés et stressés qui n'imaginent certainement pas
qu'ici il y a 130ans tout n'était que champs, verdure ... et
recits de soldat Napoléonien.
La prochaine fois que vous y serez arreté à ce feu
rouge, fermez les yeux 10 secondes, vous y verrez peut-être la
taverne, son enseigne et son joyeux propriétaire ...
Histoire 7
22 Aout 1915 : Camp militaire MUSSO
Depuis septembre 1914, Marseille est devenue
un énorme camp de transit ou débarquent les troupes
coloniales Anglaises avant de s'acclimater et monter ensuite au front.
Le parc Borely, le cap pinede, la barasse, la valentine, la penne , st
marcel, etc .... tout autour de la ville se dressent des de camps de
toiles ou s'entassérent près de quatre millions de
soldats sur toute la durée du conflit.
Sur notre quartier le parc du chateau Musso est lui aussi
réquisitionné. Ici, également, les troupes
coloniales Anglaises composées pour une grande majorité
de soldats Hindoues campent à l'ombre sous les pins.
La population de Bonneveine est partagé par la crainte de ces
soldats aux costumes et coutumes bizare et par la
découverte des nouveautés comme le "chapatis" le pain
Hindou très apprècié.
Le 22 aout 1915 vers 21h, un soldat Anglais est retrouvé sans
vie dans la traverse du Lapin blanc sur la route menant au camp de Bonneveine. La victime est vite identifiée; C'est John William OWEN, agé de 34 ans.
Aussitôt averti, le commissaire de Police de permanence se rend
sur les lieux pour les constatations d'usage: L'homme a
été tué par balle. Le projectile l'ayant
atteint au bas des reins avait causé une mort
quasi-instantanée. La balle était ressortit au niveau du
coeur et traversé le portefeuille bourrée de papiers du soldat avant de
trouer sa veste.
L'enquête commence aussitôt, les renseignements recceuillis
dans le voisinage indiquent que la victime était suivie depuis
un certain moment par un homme. La description du présumé meurtrier
est vite établie. Malgré sa fuite son arrestation est une
affaire d'heures selon le commissaire. Le mobile du crime, une vengeance
est avancée.
Le commissaire apprend que le soldat Anglais entretenait une relation
"très suivie" avec une femme du voisinage, le prétexte
étant de lui donner des cours d'Anglais.
Mais la belle semble avoir eu plusieurs professeurs; un des camarade de
régiment d'Owen était aussi son rival d'amour.
Selon le précepte "cherchez la femme", le commissaire sait ou
diriger ses investigations: Quatres suspects sont arretés et
relachés. En relation étroite avec les autorités
Britanique, l'enquête aboutit vite à l'arrestation d'un soldat
de l'armée Indienne Abul Abas.
Son absence insolite, non justifiée du camp, a
éveillée les soupçons des enquêteurs. c'est
un gardien de la paix qui finalement a arreté le fugitif dans les collines
de Saint Loup; le policier croyant avoir affaire à un
déserteur.
Histoire 8
17 Novembre 1959 :
Chantier du Parc du
Roy d'Espagne.
Richard est
grutier, il participe au nouveau chantier de construction de
logements neufs à l'extrême sud de la ville de
Marseille, sur les hauteurs de Bonneveine. Le chantier est maintenant
bien lancé il consiste à la construction d'une
première tranche de bâtiments de trois étages.
Cet immense terrain où va s'élever cette nouvelle
cité "Le parc du Roy d'Espagne" a été acquis par
une société immobilière qui compte rapidement
construire ses immeubles.
Le midi, Richard va déjeuner prés
du château en ruine qui borde le chantier, il s'installe
à l'ombre sous un pin avec son repas près d'une
étrange pyramide.
Il regarde la façade de l'étrange
château imaginant son histoire. La pyramide dans son dos le
laisse perplexe : qui a bien pu avoir l'idée saugrenue de
construire un tel édifice et surtout quel pouvait bien
être son utilité ?
A ses pieds coule le canal de Marseille, les
pins autour de lui sont magnifiques et les oiseaux voltigent de
branche en branche : Notre homme se dit que ce coin là est
finalement superbe et qu'il est bien dommage d'en bétonner une
partie.
La pause déjeuner se termine, il reprend
péniblement le chemin de sa grue, le sable glisse sous ses
pieds à chaque pas. Dans son poste de travail, du haut de son
perchoir à quelques trente mètres du sol, Richard
transporte les blocs de béton pré-coulé qui
formeront bientôt les petits bâtiments : lui, s'il avait
été maire il aurait certainement fait de ce coin un
parc municipal ...
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