MARDI 30 MARS 2004

JOURNAL LA PROVENCE

Quartier tranquille et résidentiel le Roy d'Espagne ne se retrouve jamais sous les feux de l'actualité. Rare sont les citations et autres articles dans les journaux locaux. Mais arriva enfin le mardi 30 mars 2004, ce jour là notre quotidien "LA PROVENCE" décida de consacrer une page entière de son édition à notre beau quartier. Le journaliste Olivier LAFONT réalisa alors un dossier très complet, précis et apprécié par tous ici sur la vie dans notre quartier. Merci à lui pour ce coup de projecteur éclatant et fidèle sur le ROY D'ESPAGNE et ses habitants.

Voici, ci-dessous, l'intégralité de cette page mémorable.

Pour faciliter votre lecture des articles scannés ci-dessous, ceux-ci ont tous été recopiés et mis en gras sous l'original.


L'HISTOIRE : Un royal "invité" à Marseille

A l'origine du quartier ou de la résidence, c'est au choix, on trouve bel et bien un château, construit en l'an XII de la république (1801) par Dominique BASTIDE, un riche négociant marseillais qui souhaitait s'installer avec son épouse et sa fille à l'extérieur de la ville. Pour cela, entre Mazargues et Montredon, il acquiert 16.000 ares de terres, bois et de collines. Et c'est bien un monarque, le roi d'Espagne Charles IV - descendant de Louis XIV - en exil en Provence, qui achéte la propriété le 26 février 1811. Il y vivra jusqu'en 1812. Aujourd'hui, bien sûr, le château du Roy d'Espagne n'existe plus depuis 1968, le collége du Roy d'Espagne le remplace. Le chantier du parc du Roy d'Espagne, lui, a démarré en 1960 avec une premiére tranche de logements, vendue en 1962. La vente de la seconde tranche a débuté fin 1964. Quant à l'orthographe même du "Roy" - avec un "i" ou un "y", a elle aussi varié au gré des décénnies. Questions d'époque ... et de modes.




LE LIEU :
Du haut de cette pyramide deux siécles nous comtemplent

Nous sommes loin du plateau de Gizeh et pourtant, trône au beau milieu de la résidence du Parc du Roy d'Espagne, une pyramide, nichée au creux d'une pinéde. Les recherches de Thierry GARCIA (voir ci-dessous) ont permis aux habitants d'en savoir plus sur "leur" monument. Son histoire est intimement liée à celle du château du Roy d'Espagne et surtout à celle de son batisseur Dominique BASTIDE. Cette pyramide fut édifiée pour inhumer les corps de sa femme et de sa fille. Si les corps ont été depuis transportés au cimetiére Saint -Charles, la pyramide est toujours là, à deux pas du village SOS. Malgrè les assauts des vandales, l'édifice a traversé deux siécles.



Le Roy d'Espagne, cité verte.
Aux confins de la ville, la résidence du Roy d'Espagne n'est pas un quartier comme les autres. Entre tours sentinelles et habitations lovées autour des collines, les habitants y apprécient le calme et un cadre naturel rare et préservé.



Vu depuis l'une des tours de la résidence, le parc du Roy d'Espagne ressemble à une immense vigie sur la ville et la mer, adossée aux collines de Marseilleveyre. Un cadre naturel exceptionnel et une situation qui poussent de nombreux habitants à rester dans leur quartier



En jetant un coup d'oeil par la fenêtre d'un appartement avec vue imprenable sur la rade de Marseille, on observe avec étonnement un écureuil s'offrir un casse-croùte sur la branche d'un pin. A Marseille, on pourrait penser que c'est un spectacle rare. Ici, dans le parc du Roy d'Espagne - le nom officiel des lieux situés à cheval sur les 8éme et 9éme arrondissements de la ville, traversés par une branche du canal de Marseille -, les résidents sont habitués.

Et ravis de vivre au beau milieu d'une pinéde, entre ville et nature, à l'orée d'un massif - presque - sans limite et à deux pas de toutes les commodités.

"Il y a un esprit de famille ici, sourient Antonella et Thierry VERA, les gérants du primeurs. Pas de village cependant, c'est le clocher qui manque peut être." Pas de clocher mais un centre paroissial, des médecins, des commerces, un centre socioculturel actif, deux écoles, crèche, collége et lycée à proximité. Tout est là. On pense alors à la résidence de la Rouvière, construite à la même époque pour accueillir le flot de réfugiés d'Afrique du Nord. La démesure en moins, sans doute. "On se considére largement privilégié en vivant ici dans un cadre pareil" note un habitant.

63 hectares, une ville dans la ville.

Mais la résidence est, elle aussi, une petite "ville dans la ville" avec ses 63 hectares, près de 2.000 logements et quelques 6.000 habitants. Autre différence avec sa "grande soeur" de la Rouviére, le parc Parc du Roy d'Espagne n'est pas une copropriété unique : on compte ici 22 entités - des copropriétés indépendantes, des équipements collectifs, un centre commercial, une maison de retraite, etc - regroupés au sein d'une association syndicale fonçiére libre (ASFL) qui fédére l'ensemble et gère les parties communes. "Le parc du Roy d'Espagne vieillit, souligne Jean-Claude DOUBRERE le président de l'ASFL. Il y a cinq ans, le chantier de la réfection de la voirie a coûté 2,4 millions de francs. Mais notre souci le plus important, c'est le réseau d'assainissement, construit dans les années 60 et aujourd'hui obsoléte." Bref, gérer un ensemble comme celui-là n'est pas simple. D'autant que le site n'est pas ouvert aux seuls habitants. Usagers des équipements collectifs, marcheurs, amateurs d'escalade, automobilistes qui utilisent la résidence comme raccourci : cet espace privé est largement connu des Marseillais.

Malgré cette ouverture et la proximité de plusieurs cités sensibles, on déplore peu d'incidents "moins que dans le centre ou que dans les autres résidences des quartiers sud" tempére Jean-Claude DOUBRERES.

D'ailleurs, le quartier a plus que jamais la cote. "Il y a une vraie qualité de vie, les gens qui vivent au Roy d'Espagne restent, achétent plus petit ou plus grand selon leur situation familiale mais ne veulent pas partir", résume Jean-Pierre SEPCHAT, directeur de l'agence Altaïr immobilier. Ici aussi, les prix de l'immobilier ont doublé en cinq ans. Et les offres sont rares : le mètre carré se négocie de 1.800 euros pour les habitations de la premiére tranche (plus ançienne), jusqu'à 2.400 euros pour les logements les plus récents et les mieux exposés.


Dans le quartier enfin, on regarde avec attention "le" grand projet qui devrait bouleverser tout le secteur dans les prochaines années : le tracé
du boulevard urbain sud (BUS) dont l'emprise longe la copropriété.

Ce chantier pourrait offrir un troisième accès à la résidence, plus central, indiqué sur le plan de masse original du Parc du Roy d'Espagne à l'époque où c'était encore la L2, autoroute urbaine à deux voies, qui devait traverser les quartiers sud.

Repensé, allégé, le projet doit désormais faire l'objet d'une enquête publique. Et les premiers coups de pioche du tronçon Parangon-Roy d'Espagne sont attendus pour 2005.

Dossier réalisé par Olivier LAFONT



GENS D'ICI

Sur internet, Thierry GARCIA raconte la vie du "Roy d'ES"


A 38 ans, Thierry GARCIA, est ce qu'on pourrait appeler un garçon curieux. Au sens le plus positif du terme. Curieux de sa ville, de son quartier, des origines de la toponymie locale. Et donc forcément du Roy d'Espagne. "Avant même de m'installer ici et d'y vivre avec ma famille, je m'occupais du club de foot local. Et je me suis toujours demandé d'où venait ce nom de Roy d'Espagne. Surtout qu'autour de moi, on ne savait pas vraiment" se souvient-il.

C'est de là qu'est parti son méticuleux travail de rat de bibliothèque pour faire remonter à la surface le passé prestigieux de ce bout de colline. "Et puis, petit à petit, j'ai eu envie de faire partager ce que je savais. A temps perdu, j'ai structuré tout ça et le site est né." Un site internet créé en 1998, rassemble ce travail de fourmi.

FORUMS ET RECETTES

On y trouve - presque tout - sur la vie de la résidence. Il y a des forums d'abord, où l'on discute des projets et des dossiers qui préoccupent le quartier : du délicat sujet des arbres au boulevard urbain sud en passant par les transports. Et puis une riche documentation sur l'histoire des lieux et ses anecdotes, des photos, des adresses utiles, ... et même quelques petites brèves sur l'actualité locale et des recettes de cuisine maison. Près de 2.500 personnes ont découvert le site depuis sa création.

"L'essentiel est qu'il existe
. Pas besoin qu'il soit énorme, je n'en ai pas le temps, assure ce passionné. C'est simplement pour partager ce que l'on sait."


Les habitants participent, d'ailleurs. Thierry GARCIA reçoit des informations, les publie,
"ça vit tranquillement", ajoute-t-il.


Parmi les demandes qu'il reçoit cependant, il compte de nombreux e-mails de personnes qui recherchent des appartements dans le secteur. Une chose est certaine, l'endroit est recherché. 
"par nature, le Roy d'Espagne, n'est pas un endroit de passage. On vient ici, on ne passe pas. C'est peut être ce qui explique que les gens sont plus calmes qu'ailleurs, la communication plus facile. Les habitants qui vivent ici sont content d'y être".


 


ZOOM : Un "spot" d'escalade très fréquenté

Les guides internationaux spécialisés l'indiquent comme l'un des "spots" locaux intéressants. Sur le web, plusieurs sites consacrés à l'escalade donnent même le mode d'emploi pour s'y rendre. On y précise les avantages - " On y arrive rapidement, on grimpe et on repart" dixit un habitué - et même les inconvénients : "C'est très connu, très fréquenté, donc les prises sont patinées". L'été surtout, les touristes sont nombreux à venir se mesurer aux falaises qui surplombent la résidence. Sans vraiment savoir qu'ils sont entrés dans une propriété privée. Une fréquentation qui ne pose en fait, pas de réels problèmes aux habitants. "On s'efforce de conserver l'esprit convivial qui anime la résidence, souligne Jean-Claude DOUBRERES, le président de l'association syndicale libre du parc du Roy d'Espagne. On espére seulement que les gens respectent l'environnement et se comportent de façons correcte." Tout en espérant un "coup de main" du conseil général, par exemple, le propriétaire du massif, "de qui, lorsqu'il se manifeste, nous recevons surtout des injonctions de débroussaillement et peu d'aide pour l'entretien." Bref, un "coup de pouce" pour une résidence qui accueille aussi marcheurs et passionnés de varappe.

 



COUP DE POUCE:

les belles oeuvres du centre socioculturel

1.600 adhérents, une centaine de bénévoles, 35 activités sportives et une quinzaine d'actions sociales, le centre socio-culturel du Roy d'Espagne est l'un des plus actif de la ville. D'ailleurs, ce n'est pas seulement celui de la résidence. 70% des personnes qui le fréquentent viennent de l'extérieur, du 9éme et surtout du 8éme arrondissement, mais aussi de tout Marseille, l'été venu grâce à un cadre exceptionnel.


"Depuis les cinq derniéres années, l'action sociale en faveur des jeunes et des familles n'a pas cessé de s'accentuer, souligne Lydia TANNER, directrice adjointe. Le centre de loisirs, lui aussi, s'est beaucoup développé puisqu'on accueille 320 enfants pendant les périodes scolaires."

Des bourses affutées.

Une seule chose n'a pas changé depuis son ouverture en 1966: l'esprit maison. "On souhaite être un outil à la disposition des habitants, un lieu ouvert à tous, quel que soit l'âge ou l'origine sociale" reprend Mme TANNER.

Pour favoriser cette ouverture, il y a tout ce qui se voit : chant, danse, échecs, escalade, gym, judo ou théatre, etc. Mais aussi des actions un peu plus discrétes, comme l'aide au devoirs, l'opération Sortir de ma cité, des rencontres-débats sur la parentalité ou des ateliers de recherche d'emploi. Certaines de ces animations ont même dépassé les frontiéres de l'arrondissement - et donc de la confidentialité - comme ces bourses aux vêtements, aux jouets, aux disques ou aux instruments de musique. "L'idée c'est toujours de rendre service à la population, proposer à bas prix des vêtements ou des jouets, souligne Lydia TANNER. Ces bourses ont pris beaucoup d'ampleur et sont désormais très connues. Et puis les bénéfices permettent de financer des actions sociales."

Chaque année, on compte ainssi quelque 4.400 acheteurs pour 1.400 déposants et la possibilité, pour des familles modestes, d'acheter des vêtements de ski ou de la layette. Bref, du classique cours de piano à l'atelier pour décrocher un job d'été, on comprend mieux pourquoi le centre est devenu un lieu incontournable du Roy d'Espagne, comme le confirme Mme TANNER : "Tout le monde, un jour ou l'autre, est venu ici, que ce soit pour une bourse, une réunion de copropriété ou un vide-grenier."


S.O.S Villages d'Enfants, nid pour grandir.
A l'origine, SOS villages d'enfants, c'est une philosophie simple : redonner à des frères et soeurs séparés de leurs parents pour des raisons graves la possibilité de grandir ensemble. Et éviter ainsi un nouveau traumatisme. 12 villages existent en France et un est en construction du coté de NANTES. Celui de MARSEILLE, implanté au coeur même de la résidence du Roy d'Espagne, a été créé en 1972. 45 enfants y vivent avec leur "mère SOS" au sein de dix maisons individuelles. Objectif :
"leur offrir le maximum de stabilité affective et matérielle."