|
|
|
|
|
Quartier tranquille
et résidentiel le Roy d'Espagne ne se
retrouve jamais sous les feux de
l'actualité. Rare sont les citations et
autres articles dans les journaux locaux. Mais
arriva enfin le mardi 30 mars 2004, ce jour
là notre quotidien "LA PROVENCE"
décida de consacrer une page entière
de son édition à notre beau quartier.
Le journaliste Olivier LAFONT réalisa alors
un dossier très complet, précis et
apprécié par tous ici sur la vie dans
notre quartier. Merci à lui pour ce coup de
projecteur éclatant et fidèle sur le
ROY D'ESPAGNE et ses habitants.
Voici, ci-dessous,
l'intégralité de cette page
mémorable.
|
|
|
Pour faciliter votre lecture des
articles scannés ci-dessous, ceux-ci ont
tous été recopiés et mis en
gras sous l'original.
|

|
L'HISTOIRE : Un royal
"invité" à Marseille
|
|
A l'origine du
quartier ou de la résidence, c'est au choix,
on trouve bel et bien un château, construit
en l'an XII de la république (1801) par
Dominique BASTIDE, un riche négociant
marseillais qui souhaitait s'installer avec son
épouse et sa fille à
l'extérieur de la ville. Pour cela, entre
Mazargues et Montredon, il acquiert 16.000 ares de
terres, bois et de collines. Et c'est bien un
monarque, le roi d'Espagne Charles IV - descendant
de Louis XIV - en exil en Provence, qui
achéte la propriété le 26
février 1811. Il y vivra jusqu'en 1812.
Aujourd'hui, bien sûr, le château du
Roy d'Espagne n'existe plus depuis 1968, le
collége du Roy d'Espagne le remplace. Le
chantier du parc du Roy d'Espagne, lui, a
démarré en 1960 avec une
premiére tranche de logements, vendue en
1962. La vente de la seconde tranche a
débuté fin 1964. Quant à
l'orthographe même du "Roy" - avec un "i" ou
un "y", a elle aussi varié au gré des
décénnies. Questions d'époque
... et de modes.
|

|
LE LIEU :
Du haut de cette
pyramide deux siécles nous
comtemplent
|
|
Nous sommes loin du
plateau de Gizeh et pourtant, trône au beau
milieu de la résidence du Parc du Roy
d'Espagne, une pyramide, nichée au creux
d'une pinéde. Les recherches de Thierry
GARCIA (voir ci-dessous) ont permis aux habitants
d'en savoir plus sur "leur" monument. Son histoire
est intimement liée à celle du
château du Roy d'Espagne et surtout à
celle de son batisseur Dominique BASTIDE. Cette
pyramide fut édifiée pour inhumer les
corps de sa femme et de sa fille. Si les corps ont
été depuis transportés au
cimetiére Saint -Charles, la pyramide est
toujours là, à deux pas du village
SOS. Malgrè les assauts des vandales,
l'édifice a traversé deux
siécles.
|
|
|
|

|

|
Le Roy d'Espagne,
cité verte.
Aux confins de la
ville, la résidence du Roy d'Espagne n'est
pas un quartier comme les autres. Entre tours
sentinelles et habitations lovées autour des
collines, les habitants y apprécient le
calme et un cadre naturel rare et
préservé.
|

|
|
|
|

|
Vu depuis l'une des
tours de la résidence, le parc du Roy
d'Espagne ressemble à une immense vigie sur
la ville et la mer, adossée aux collines de
Marseilleveyre. Un cadre naturel exceptionnel et
une situation qui poussent de nombreux habitants
à rester dans leur quartier
|

|
|
|

|
En jetant un coup
d'oeil par la fenêtre d'un appartement avec
vue imprenable sur la rade de Marseille, on observe
avec étonnement un écureuil s'offrir
un casse-croùte sur la branche d'un pin. A
Marseille, on pourrait penser que c'est un
spectacle rare. Ici, dans le parc du Roy d'Espagne
- le nom officiel des lieux situés à
cheval sur les 8éme et 9éme
arrondissements de la ville, traversés par
une branche du canal de Marseille -, les
résidents sont habitués.
Et ravis de vivre au
beau milieu d'une pinéde, entre ville et
nature, à l'orée d'un massif -
presque - sans limite et à deux pas de
toutes les commodités.
"Il y a un esprit de
famille ici, sourient Antonella et Thierry VERA, les
gérants du primeurs. Pas de village cependant,
c'est le clocher qui manque peut
être." Pas de clocher mais un centre
paroissial, des médecins, des commerces, un
centre socioculturel actif, deux écoles,
crèche, collége et lycée
à proximité. Tout est là. On
pense alors à la résidence de la
Rouvière, construite à la même
époque pour accueillir le flot de
réfugiés d'Afrique du Nord. La
démesure en moins, sans doute.
"On se
considére largement privilégié
en vivant ici dans un cadre pareil" note un
habitant.
63 hectares, une
ville dans la ville.
Mais la
résidence est, elle aussi, une petite "ville
dans la ville" avec ses 63 hectares, près de
2.000 logements et quelques 6.000 habitants. Autre
différence avec sa "grande soeur" de la
Rouviére, le parc Parc du Roy d'Espagne
n'est pas une copropriété unique : on
compte ici 22 entités - des
copropriétés indépendantes,
des équipements collectifs, un centre
commercial, une maison de retraite, etc -
regroupés au sein d'une association
syndicale fonçiére libre (ASFL) qui
fédére l'ensemble et gère les
parties communes. "Le parc du Roy d'Espagne vieillit,
souligne Jean-Claude DOUBRERE le président
de l'ASFL. Il y a cinq ans, le chantier de la
réfection de la voirie a coûté
2,4 millions de francs. Mais notre souci le plus
important, c'est le réseau d'assainissement,
construit dans les années 60 et aujourd'hui
obsoléte." Bref,
gérer un ensemble comme celui-là
n'est pas simple. D'autant que le site n'est pas
ouvert aux seuls habitants. Usagers des
équipements collectifs, marcheurs, amateurs
d'escalade, automobilistes qui utilisent la
résidence comme raccourci : cet espace
privé est largement connu des
Marseillais.
Malgré cette
ouverture et la proximité de plusieurs
cités sensibles, on déplore peu
d'incidents "moins que dans le centre ou que
dans les autres résidences des quartiers
sud" tempére
Jean-Claude DOUBRERES.
D'ailleurs, le
quartier a plus que jamais la cote. "Il y a une vraie
qualité de vie, les gens qui vivent au Roy
d'Espagne restent, achétent plus petit ou
plus grand selon leur situation familiale mais ne
veulent pas partir",
résume Jean-Pierre SEPCHAT, directeur de
l'agence Altaïr immobilier. Ici aussi, les
prix de l'immobilier ont doublé en cinq ans.
Et les offres sont rares : le mètre
carré se négocie de 1.800 euros pour
les habitations de la premiére tranche (plus
ançienne), jusqu'à 2.400 euros pour
les logements les plus récents et les mieux
exposés.
Dans le quartier
enfin, on regarde avec attention "le" grand projet
qui devrait bouleverser tout le secteur dans les
prochaines années : le tracé
du
boulevard urbain sud (BUS) dont l'emprise longe la
copropriété.
Ce chantier pourrait
offrir un troisième accès à la
résidence, plus central, indiqué sur
le plan de masse original du Parc du Roy d'Espagne
à l'époque où c'était
encore la L2, autoroute urbaine à deux
voies, qui devait traverser les quartiers
sud.
Repensé,
allégé, le projet doit
désormais faire l'objet d'une enquête
publique. Et les premiers coups de pioche du
tronçon Parangon-Roy d'Espagne sont attendus
pour 2005.
Dossier réalisé par
Olivier LAFONT
|
|
GENS D'ICI
Sur internet, Thierry
GARCIA raconte la vie du "Roy d'ES"
|

|
A 38 ans, Thierry
GARCIA, est ce qu'on pourrait appeler un
garçon curieux. Au sens le plus positif du
terme. Curieux de sa ville, de son quartier, des
origines de la toponymie locale. Et donc
forcément du Roy d'Espagne. "Avant même de
m'installer ici et d'y vivre avec ma famille, je
m'occupais du club de foot local. Et je me suis
toujours demandé d'où venait ce nom
de Roy d'Espagne. Surtout qu'autour de moi, on ne
savait pas vraiment" se
souvient-il.
C'est de là
qu'est parti son méticuleux travail de rat
de bibliothèque pour faire remonter à
la surface le passé prestigieux de ce bout
de colline. "Et puis, petit à petit,
j'ai eu envie de faire partager ce que je savais. A
temps perdu, j'ai structuré tout ça
et le site est né." Un site internet créé en
1998, rassemble ce travail de fourmi.
FORUMS ET
RECETTES
On y trouve - presque
tout - sur la vie de la résidence. Il y a
des forums d'abord, où l'on discute des
projets et des dossiers qui préoccupent le
quartier : du délicat sujet des arbres au
boulevard urbain sud en passant par les transports.
Et puis une riche documentation sur l'histoire des
lieux et ses anecdotes, des photos, des adresses
utiles, ... et même quelques petites
brèves sur l'actualité locale et des
recettes de cuisine maison. Près de 2.500
personnes ont découvert le site depuis sa
création.
"L'essentiel est qu'il
existe.
Pas besoin qu'il soit énorme, je n'en ai pas
le temps, assure ce
passionné. C'est simplement pour partager ce
que l'on sait."
Les habitants
participent, d'ailleurs. Thierry GARCIA
reçoit des informations, les publie,
"ça
vit tranquillement",
ajoute-t-il.
Parmi les demandes
qu'il reçoit cependant, il compte de
nombreux e-mails de personnes qui recherchent des
appartements dans le secteur. Une chose est
certaine, l'endroit est recherché. "par nature, le Roy d'Espagne,
n'est pas un endroit de passage. On vient ici, on
ne passe pas. C'est peut être ce qui explique
que les gens sont plus calmes qu'ailleurs, la
communication plus facile. Les habitants qui vivent
ici sont content d'y être".
|
|
|
ZOOM : Un "spot" d'escalade
très fréquenté
|
Les guides internationaux
spécialisés l'indiquent comme l'un
des "spots" locaux intéressants. Sur le web,
plusieurs sites consacrés à
l'escalade donnent même le mode d'emploi pour
s'y rendre. On y précise les avantages -
" On y
arrive rapidement, on grimpe et on
repart" dixit un
habitué - et même les
inconvénients : "C'est très connu,
très fréquenté, donc les
prises sont patinées". L'été surtout, les
touristes sont nombreux à venir se mesurer
aux falaises qui surplombent la résidence.
Sans vraiment savoir qu'ils sont entrés dans
une propriété privée. Une
fréquentation qui ne pose en fait, pas de
réels problèmes aux habitants.
"On s'efforce de conserver l'esprit
convivial qui anime la résidence,
souligne Jean-Claude
DOUBRERES, le président de l'association
syndicale libre du parc du Roy
d'Espagne. On espére seulement que les
gens respectent l'environnement et se comportent de
façons correcte."
Tout en espérant un "coup de main" du
conseil général, par exemple, le
propriétaire du massif, "de qui, lorsqu'il se
manifeste, nous recevons surtout des injonctions de
débroussaillement et peu d'aide pour
l'entretien." Bref, un
"coup de pouce" pour une résidence qui
accueille aussi marcheurs et passionnés de
varappe.
|
|

|
COUP DE POUCE:
les belles oeuvres du
centre socioculturel
|
|
|
1.600
adhérents, une centaine de
bénévoles, 35 activités
sportives et une quinzaine d'actions sociales, le
centre socio-culturel du Roy d'Espagne est l'un des
plus actif de la ville. D'ailleurs, ce n'est pas
seulement celui de la résidence. 70% des
personnes qui le fréquentent viennent de
l'extérieur, du 9éme et surtout du
8éme arrondissement, mais aussi de tout
Marseille, l'été venu grâce
à un cadre exceptionnel.
"Depuis les cinq derniéres
années, l'action sociale en faveur des
jeunes et des familles n'a pas cessé de
s'accentuer, souligne Lydia
TANNER, directrice adjointe. Le centre de loisirs, lui aussi,
s'est beaucoup développé puisqu'on
accueille 320 enfants pendant les périodes
scolaires."
Des bourses
affutées.
Une seule chose n'a
pas changé depuis son ouverture en 1966:
l'esprit maison. "On souhaite être un outil
à la disposition des habitants, un lieu
ouvert à tous, quel que soit l'âge ou
l'origine sociale" reprend
Mme TANNER.
Pour favoriser cette
ouverture, il y a tout ce qui se voit : chant,
danse, échecs, escalade, gym, judo ou
théatre, etc. Mais aussi des actions un peu
plus discrétes, comme l'aide au devoirs,
l'opération Sortir de ma cité, des
rencontres-débats sur la parentalité
ou des ateliers de recherche d'emploi. Certaines de
ces animations ont même dépassé
les frontiéres de l'arrondissement - et donc
de la confidentialité - comme ces bourses
aux vêtements, aux jouets, aux disques ou aux
instruments de musique. "L'idée c'est toujours de
rendre service à la population, proposer
à bas prix des vêtements ou des
jouets, souligne Lydia
TANNER. Ces bourses ont pris beaucoup d'ampleur et
sont désormais très connues. Et puis
les bénéfices permettent de financer
des actions sociales."
Chaque année,
on compte ainssi quelque 4.400 acheteurs pour 1.400
déposants et la possibilité, pour des
familles modestes, d'acheter des vêtements de
ski ou de la layette. Bref, du classique cours de
piano à l'atelier pour décrocher un
job d'été, on comprend mieux pourquoi
le centre est devenu un lieu incontournable du Roy
d'Espagne, comme le confirme Mme TANNER :
"Tout le
monde, un jour ou l'autre, est venu ici, que ce
soit pour une bourse, une réunion de
copropriété ou un
vide-grenier."
S.O.S Villages d'Enfants,
nid pour grandir.
A l'origine, SOS
villages d'enfants, c'est une philosophie simple :
redonner à des frères et soeurs
séparés de leurs parents pour des
raisons graves la possibilité de grandir
ensemble. Et éviter ainsi un nouveau
traumatisme. 12 villages existent en France et un
est en construction du coté de NANTES. Celui
de MARSEILLE, implanté au coeur même
de la résidence du Roy d'Espagne, a
été créé en 1972. 45
enfants y vivent avec leur "mère SOS" au
sein de dix maisons individuelles. Objectif :
"leur offrir
le maximum de stabilité affective et
matérielle."
|

|
|