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| LA FONDATION DE MARSEILLE |
...à Isidore GILLES et à l'Abbé Marius GANAY

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Copyright©janvier 2005 (thierry
garcia)
LA FONDATION DE MARSEILLE ET LA LEGENDE DE GYPTIS
ET PROTIS
REVISITEE
(Dernière modification de ces pages: 15 novembre 2008)
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Marseille est née au coeur de Marseilleveyre, tout près du quartier du Roy
d’Espagne actuel !
Plus d’un parmi vous, en lisant cette phrase, penseront, certainement, que je l'ai écrite
au terme d’une belle et longue soirée arrosée.
Et pourtant … Marseille, la magnifique, est née un beau jour, certainement ensoleillé,
d’il y a un peu plus de 2.600 ans. Un jour de fête,
célébré par un mariage, celui bien
connu de GYPTIS et PROTIS. Deux jeunes gens, liant leurs destins, et par cela même
celui de leurs peuples, les nouveaux venus PHOCEENS et le peuple du roi NANN qui
habitait ces contrées sauvages.
Tous les Marseillais connaissent, en quelques mots, cette histoire, cette légende plutôt.
Néanmoins, comme cette page n'est pas réservée aux marseillais de pure souche, voici,
pour commencer, un nécessaire petit rappel du mythe; de la légende classique,
mondialement connue (comme l’OM, la bonne Mère, le pastis, etc …)
« …Vers l’an 600 av.J.C, des navires grecs venus de la ville de PHOCEE en IONIE
sur la côte ouest de l'Asie Mineure, accostent dans la calanque de l’actuel vieux port.
Les lourdes pentacontéres* au mouillage et à l’abri au fond du futur vieux port, les
chefs de l’expédition SIMOS et PROTIS s’affairèrent alors à l’installation de leur
petite colonie sur le rivage.
* La Pentacontère ou Pentécontéres: lourd navire
à rame et à voile unique carrée
avec 25 rameurs sur chaque bord. Elle est longue de 27 à 30 mètres et large de
3,50 à 3,80 mètres pour un poids de 40 ou 50 tonnes. Elle avait un équipage
réduit à un officier, un homme de barre, un "quartier-maître" donnant le rythme
de nage, les rameurs grecs étant des engagés volontaires et non des esclaves.
En cas d’éperonnage, le rostre tripointe en bronze bénéficiait de l’effet de masse
de la galère lancée à 5-6 noeuds ( 10 Km/h ).
Conscients de la précarité de leur situation, isolés de leur patrie et peu nombreux,
les grecs en fin stratèges, cherchent alors à nouer des rapports cordiaux avec les
habitants du secteur: Les SEGOBRIGES, une tribu ligure qui peuple les environs.
Le roi NANN , chef des Ségobriges, règne alors sur ce grand territoire.
Les Phocéens lui offrirent leur amitié et, avec l’épisode de la coupe d’eau offerte
par la fille du roi, Gyptis à Protis, les deux jeunes gens se marièrent et les
Phocéens fondèrent Marseille.
Ils vécurent heureux et eurent beaucoup d’enfants … »
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Bon, voilà donc, très rapidement, un court résumé de la version « officielle »,
celle que des génération d'historiens antiques, et non des moindres, nous ont
rapportés à travers 26 siècles.
Heureusement d'ailleurs qu'ils l'ont fait, car les Grecs de Marseille n'ayant
rien écrit sur l'origine de leur ville, ni sur les populations au milieu desquelles
ils vinrent la fonder, nous en serions donc réduits, pour retrouver notre passé,
à ces récits Grecs et Romains, si, contrairement à l'opinion généralement
admise, quelques vestiges des époques lointaines n'avaient échappé aux ravages
du temps et à la main destructive des hommes ... du moins jusqu'au 19éme siécle.
Ces vestiges, si proches et si visibles, mais longtemps ignorés ou négligés,
étaient pourtant les restes antiques de la période de la fondation de la ville.
Ils étaient les épaves de la civilisation primitive de nos ancêtres qui habitaient
cette contrée avant l'occupation Phocéenne.
L'histoire de Marseille était, au commencement des temps historiques, habité
comme tout le reste du département par les Saliens (peuplade formée par les
Ligures venus d'Espagne vers 1800 avant J.C, auxquels étaient venus se joindre
des tribus Celtes, venues de l'EST entre 1.000 et 500 avant J.C), la plus riche
et la plus intelligente (d'après PLINE*) de toutes les tribus de la grande Nation
Celto-Ligurienne. Cette tribu occupait tout le pays compris entre le Rhône, le Var,
la Méditerranée, la Durance et le Verdon ; elle se subdivisait en groupes vivant
dans des petits villages. Sur le territoire de notre Marseille actuelle vivaient la
tribu des SEGOBRIGES.
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Guerrier Celto-Ligure
Guerriers Celto-Ligure
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*PLINE dit "l'ancien" est un important auteur et naturaliste romain, auteur notamment d'une
monumentale encyclopédie intitulée Histoire naturelle. Il
est né entre 23 et 30 après J.-C. à Novum
Comum (l'actuelle Côme). Il occupe des fonctions importantes et part en campagne en Germanie entre
47 & 57. Il quitte alors l'administration pendant le règne de Néron. Le nouvel empereur, Vespasien,
son ami, le rappelle. Il commence alors à écrire une cinquantaine de livres sur les Germains. La fin de sa
vie est consacrée à l'écriture de son Histoire
Naturelle en 37 volumes. Il meurt victime de sa curiosité
scientifique en observant l'éruption du Vésuve à Stabies, près de Pompéi, en 79 . |

En
ce temps là, nos collines arides actuelles étaient
couvertes de forêts de chênes sombres et profondes
où
proliféraient ours, cerfs et sangliers. De nombreux ruisseaux et
cours d'eaux dévalaient les pentes douces jusqu'à la mer.
Ces populations Saliennes vivaient encore à l'état
rudimentaire, elles habitaient généralement sur les
sommets les plus
escarpés des montagnes. Ce sont certes des barbares mais
également agriculteurs, bûcherons et pêcheurs. Ils
ignorent
l’écriture et vivent du produit de leurs chasses, de leurs
pêches et de quelques récoltes sommaires. Ignorant l'art
de batir
autrement qu'en pièrres séches et se logeant dans des
boris (cahutes circulaires recouvertes en dôme), au milieu
desquelles ils allumaient le feu pour les besoins de leurs familles.
Le corps vêtu d'une étroite tunique en étoffe
rayée de rouge, les bras et les jambes nus, ils ne
possédaient que peu de
fer et n'avaient d'autres armes que des pieux en chêne durcis au
feu, des épées et des haches en silex ou autres pierres
dures et quelques armes en bronze.

Les saliens au travail
Les bijoux des femmes se composaient de colliers et de boucles d'oreilles en coquillages ou en verroteries, d'armilles
ou bracelets en
bronze, d'agrafes ou fibules du même métal, et comme les
étoffes de ces dames n'étaient pas d'un tissu
ni fin ni
délicat, leur aiguilles étaient en os ou en silex. Leurs
poteries étaient en terre noire, elles étaient tendres et
friables,
fabriquées a la main et non au tour du potier, semées de
grains de quartz, souvent décorées de lignes ou de
stries tracées à l’ébauchoir.
Les habitats des
Saliens n'étaient jamais dans les plaines, qui étaient
encore à l'état d'étangs ou de dangeureux marais.
On ne les trouvait
pas d'avantage sur des monticules peu élevés, il faut les
chercher à une certaine altitude ou ils étaient
à l'abri des ennemis, hommes ou carnassiers.
Le bassin de
Marseille n'avait pas échappé à cette loi
générale, surtout qu’il était encore
à cette époque complètement
submergé
dans toutes ses parties inférieures, par les eaux de pluies et
par celles du Jarret, de l'Huveaune et des
Aygalades, qui
n'avaient pas, comme aujourd'hui, leur écoulement assuré
par un lit régulier aboutissant à la mer.
Nous savons que
cet état a duré au minimum jusqu'au 11éme
siècle, puisqu'une charte de 1096 nous enseigne, par
exemple, que la
chapelle de ST GENES* était situé comme étant en
bord de mer ou plutôt de cet immense étang,
nommé dans le 10éme siècle « palus de saint Genès ou d'Antignane ».
ST GENES*:
Il s'agit de notre Saint GINIEZ actuel, le Saint patron qui a
donné son nom à la paroisse, est en fait,
Saint Genès
de Rome (soit Genesius puis donc Saint Giniez). Il est question ici de
l'ancienne chapelle située il y a
1.000 ans dans le secteur du bas de la rue Paradis actuelle vers le Prado.
En effet, une
très grande partie de notre huitième arrondissement
actuel n’était, au moyen age et bien avant, qu’un
grand grand
étang entouré de dangereux marécages. Il
comprenait toute la partie incluse dans l'actuel contour
PRADO - LE ROUET - SAINTE MARGUERITE - MAZARGUES - BONNEVEINE. Il suffit d'ailleurs d'étudier
l'étymologie
des noms de ces quartiers, anciens villages ou lieux dits, déjà
présents en ce temps là, pour s'en convaincre:
MAZARGUES, par exemple, viendrait de MAS AGGERIS, ce qui peut se traduire par " la maison du chemin"
Un chemin ? mais quel chemin ? celui qui contournait le grand étang pour rejoindre la mer bien sur !
Il passait également par SAINTE MARGUERITE qui ne vient pas du tout de la sainte du même nom, comme
l’on
pourrait très facilement le croire, mais de MARUM GADUM ITINERIS
c'est à dire "le gué du chemin de la mer"
Etonnant non ?
Ce chemin de la mer, venant de Marseille en l’an mille,
après avoir longtemps tendu dans la direction NORD-SUD,
passait donc par LE ROUET (venant de ROTA, la route donc ! ) s'infléchissait dans le sens EST - OUEST à la
hauteur de MAZARGUES. Là, en effet, finissait la région des marécages et on pouvait marcher à pieds sec vers
la mer en passant vers l'actuel BONNEVEINE jusqu'au rivage de l'actuel lieu dit de la VIEILLE CHAPELLE. |
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