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LES SEIGNEURS DE MAZARGUES ET LE CHATEAU
Depuis le 10éme siècle, Marseille est sous la double-seigneurie des
Vicomtes de
Marseille et de ses Eveques. Les évêques ont la ville supérieure, et les Vicomtes, la
ville inférieure. Ainsi, les Vicomtes ont les droits domaniaux de tout
le littoral de Fos
jusqu'à Fréjus, ainsi que la vallée de l'Huveaune.
ils ne veulent pas dépendre des Comtes de Provence, et vont
morceler leur territoire
à chaque transmission, cette diminution de leur
pouvoirs respectifs profitant à
l'abbaye de Saint-Victor et à la ville de
Marseille, à qui ils vont concéder de
nombreuses terres lors des 11éme et
12éme siècle.
L'abbaye de SAINT VICTOR possède toute la vallée de l'Huveaune depuis st
Marcel
jusqu'à la mer, ainsi que les canaux et moulins.
En 1211, RONCELIN, l'un des plus puissants de ces vicomtes,
devient moine (!) et
partage ses terres entre l'abbaye de St Victor et sa
famille des seigneurs des Baux.
Ces derniers conservent la château de St Marcel
mais vendent la vicomté.
3 ans plus tard, le peuple Marseillais chasse le dernier Vicomte, faisant
de l'abbaye
de St Victor, la Seigneurie absolue de
Marseille.
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Les terres de Mazargues,
simples pâtures, sont revendues à ces Carmes, lesquels vont ensuite les revendre
à nouveau en 1304 au Seigneur de St Marcel: Raymond de Soliers, descendant des
Seigneurs des Baux.
Néanmoins, lors du 13es, la
Provence étant revendiquée par les Comtes de Toulouse et les Rois d'Aragon,
cela
créé des problème de revenus pour l'abbaye. Les dettes s'accumulent jusqu'à ce
que l'Abbaye commence
à revendre ses terres, notamment aux moines des Carmes
chassés de la terre Sainte et qui s'installent à
Marseille à partir de
1238.
il va marquer son autorité et
sa propriété en y faisant construire une tour.
En effet, En 1304, on mentionne pour la
première fois, dans les textes, une tour fortifiée sur le site appartenant au
seigneur Raymond DE SOLIERS. Les DE
SOLIERS
(SOLLERIIS) qu’il faut peut-être
rattacher aux seigneurs de SOLLIÈS
près de TOULON et par là même à
la
maison vicomtale de MARSEILLE.
Puis, lorsque la Reine
Jeanne (Comtesse de Provence) ayant fuit Naples (guerre), vient se réfugier
à Marseille en 1348, elle affronte les
seigneurs des Baux et les bats en 1352 dans ces guerres de successions,
leurs
terres sont offertes et la ville et gérées par les évêques de Marseille, dont un
certain BONIFACE...
Mais Jeanne pardonne
aux seigneurs des Baux en 1363.
Ainsi, Laugier de
Soliers descendant de Raymond réaffirme les droits de sa famille sur st Marcel
et les terres
de Mazargues en... 1364.
Pour la petite histoire, rappelons que la
Reine Jeanne sera mère adoptive de Louis 1er d'Anjou qui sera père de Louis II
qui sera père de René d'Anjou.
A la fin du 14e S Les De Soliers vendent une partie de leurs
terres (coté St Marcel) aux Caillols qui
eux-même en revendront rapidement une
partie aux Forbin.
Un texte nous apprends que le dernier des descendants de
ces gentilshommes Marseillais, Raymond
de
SOLIERS, fils de LAUGIER et de BEATRIX, lègue la tour et les
terres, par testament du 16 janvier 1402,
avec tous ses biens, à sa femme à sa femme baronne de Boniface, qui serait fille d'Amiel
BONIFACE et
d'Alazic de Vivaud.
Puis, elle-même cède à sa mort en 1407 ses terres de
Mazargues à sa famille, en l'occurence à son frère
VIVAUD car son autre frère,
Jean, n'a pas descendance, car après avoir été Prévôt de Marseille, il devient
Evèque en 1404.
(information en cours de vérification, car les
informations généalogiques ne nous donnent que 2 fils pour
cet Amiel, néanmoins
cela explique la transition mystérieuse entre les De Soliers et les Boniface sur
les
terres de Mazargues).
C'est donc VIVAUD DE BONIFACE (premier du nom car il y en aura un
second) qui, marié depuis 1398 avec Constance
FLOTTE, récupère les terres et la tour fortifiée de
Mazargues. Entre-temps en 1396, les 2
frères BONIFACE, Jean et Vivaud, avaient acheté des terres à
Montredon. Le lien entre ces territoires que l'on va retrouver dans les siècles suivant est donc
réalisé.
La propriété se transmets
ensuite au fils de ce VIVAUD
DE BONIFACE.
Ce fils, du premier VIVAUD DE BONIFACE donc, se nomme JACQUES
DE BONIFACE (premier du
nom également car il y en aura aussi un second) le transmet ensuite à son propre
fils à qui il donne le
prénom de son père ; VIVAUD DE BONIFACE (2éme du
nom donc, futur juge- mage) qui le laisse à son
tour à JACQUES DE BONIFACE (2éme du
nom aussi, né vers 1460,)
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Puis, sa fille Marguerite de
BONIFACE épouse Durand de PONTEVES (seigneur de Flassans),
vers 1525, qui devient seigneur des lieux. Durand de PONTEVES de FLASSANS
d’AGOULT de GRASSE, conséquence de son adoption, en 1498, par
Jean-Baptiste de PONTEVES, seigneur de CARCES et baron de CONTIGNAC.
Durand de PONTEVES, reste dans l’histoire comme un fanatique Catholique sanguinaire contre
les Protestants. Il est également célèbre dans la mémoire des Marseillais
pour avoir établi sur cette terre un péage, une interdiction de la chasse et de
ramasser du bois pour le chauffage.
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Ces mesures, très impopulaires,
déclenchent un soulèvement du peuple de MARSEILLE en 1580. Sous la conduite de Philippe ALTOVITI, le consul de MARSEILLE, ils attaquent le château et
détruisent le mur d’enceinte et les tours. Le parlement s’offusque et impose à la
ville de MARSEILLE de reconstruire les
fortifications détruites.

Alphonse d'ORNANO
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Leur fille unique Marguerite
DE PONTEVES épouse, le 10 avril 1585, Alphonse d’ORNANO (1548-1610),
maréchal de France, qui récupère à son tour le titre de seigneur du château et
ses terres.
A sa mort (en 1610) c’est leur second fils Henri François Alphonse
D’ORNANO (né en 1590) qui dirige le château et reprend le titre.
Il
se marie, le 28 janvier 1615, avec Marguerite de MODENE-MONTLOR.
Lors
de sa tranquille régence, il fonde le couvent des Carmes à MAZARGUES et
fait construire la nouvelle chapelle (la
deuxième donc puisque la première sur le site du village datait d’environ vers
1180).
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Pour
l’anecdote, sachez que la belle île de PORQUEROLES était MAZARGUAISE à cette époque par un don*
de sa majesté le Roi en 1658 à François d’ORNANO. A sa mort, sa femme Marguerite
de MONTLOR
la revend à Mathieu MOLÉ.
(*
Point à préciser néanmoins, à confirmer prochainement, car une autre source
indique qu’il y était simplement cantonné par le roi afin de l’isoler dans un
coin éloigné de la PROVENCE pacifiée)
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Ensuite, le premier fils d’Henri
François Alphonse D’ORNANO, préférant
devenir abbé, c’est par le mariage de la fille: Marguerite d’ORNANO, le 20 mai
1628, avec Louis Gaucher Adhémar de Castellane Comte de GRIGNAN (né
en 1599), que la mythique propriété entre dans le patrimoine des GRIGNAN. Louis
Gaucher Adhémar de Castellane était colonel d’un régiment d’infanterie puis
maréchal des camps et armées du roi. |
Marguerite d’ORNANO décède en 1655. Louis Gaucher Adhémar de
Castellane meurt le 04 août 1668 laissant le château en héritage à son fils
aîné, nouveau comte de GRIGNAN, François Adhémar de Monteil (né le 15
septembre 1632), ainé de 11 enfants, lieutenant-général de Provence.

Blason dAdhémar de Monteil de GRIGNAN
François de Castellane Adhémar
de Monteil de GRIGNAN, de son nom
complet, épouse, à 36 ans et en troisièmes noces à PARIS, Françoise
Marguerite de SEVIGNE, âgée de 23 ans (née le 10/10/1646), le 27 (ou
29) janvier 1669. Il s’agit de la fille de la célèbre Madame de SEVIGNÉ
qualifiée à la cour de « plus jolie fille de France ».
Ils ont trois enfants ; Marie-blanche
née en novembre 1670, Louis Provence né le 15 novembre 1671 et Pauline
née en 1673.

le petit pont de la traverse du Puits ( ex chemin vicinal de Mazargues) par ce pont on accedait au chateau par le chemin venant de l'entrée de la propriété depuis le croisement du lancier
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Le comte pense à vendre son
domaine de MAZARGUES entre 1676 et 1680 mais ses projets n’aboutissent
pas et le château reste dans la famille. La propriété, à ce moment-là, s’étire
en un vaste domaine jusqu’à la mer par-dessus les collines. Le château était
entouré de vignes et d’oliviers qui fournissaient alors l’essentiel des
ressources sur cette terre aride.
Etranges, d’ailleurs, ces
projets de vente avortés car François DE GRIGNAN et son épouse n’y
habitèrent jamais. Sous leur propriété le château se trouve même dans un total
abandon sans entretien. Lorsqu’ils venaient à Marseille, ils descendaient dans
leur hôtel particulier situé sur la Canebière, ou ils avaient leurs habitudes et où
ils recevaient plus facilement du monde, ne se rendant qu’occasionnellement
dans leur domaine de MAZARGUES que pour quelques jours à la campagne.
François de Castellane Adhémar
de Monteil de GRIGNAN marie à son
tour son fils, nommé Louis Provence, avec la fille d’un fermier général
fort riche. Le duc de SAINT-SIMON a raconté dans ses mémoires que la Comtesse en présentant sa
belle-fille au grand monde « en faisant ses excuses, et avec minauderies,
radoucissant ses petits yeux, disait qu’il fallait bien de temps en temps du
fumier sur les meilleures terres » *
*Tiré des : Mémoires
complets et authentiques de Saint Simon - 1856
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Louis Provence Adhémar de
Monteil de GRIGNAN, brigadier des armées du roi et ambassadeur de France à la cour de
Lorraine, meurt, à 33 ans, le 10
octobre 1704. La descendance mâle des ADHEMAR de MONTEIL de GRIGNAN
s’éteint avec lui.
Sa mère, madame Françoise-Marguerite
de SEVIGNE, comtesse de GRIGNAN, le suit de près dans la tombe. Elle
meurt le 13 août 1705 au château de MAZARGUES, à l’âge de 57 ans et fût
enterrée, dit-on, le lendemain, le 14 août, dans l’église des Grandes Maries (dépendante
de la cathédrale de la Major
où se trouve son acte de décès), premier monastère de la Visitation, quartier de
l’observance (partie du quartier du PANIER) à MARSEILLE. Dans ce
lieu elle bénéficiera des prières fréquentes de sa fille Marie-Blanche qui y
est religieuse.

François Adhémar de
Monteil de GRIGNAN,
est toujours
vivant à cette date. Doté d’une santé
robuste jusqu’à l’âge de 83 ans il meurt
en voyage officiel, revenant de LAMBESC vers MARSEILLE, dans une
auberge de Saint PONS le 30 décembre 1715. Le capitaine des gardes
décide de continuer la route vers MARSEILLE et de ne pas monter sur GRIGNAN.
Son corps arrive le lendemain, 1er janvier, dans un cortège
d’officiers et de personnalités suivant son carrosse aux flambeaux allumés. Il n’est
pas conduit au château de MAZARGUES mais directement tout à coté à la
chapelle de Notre Dame du Mont Carmel ou il fut enterré.
C’est sa fille Françoise-Pauline
de GRIGNAN qui hérite de… nombreuses
dettes !
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Ensuite, c’est Joseph Adhémar
de Monteil de GRIGNAN, communément appelé « le Chevalier de GRIGNAN »,
frère du comte, qui s’installe finalement dans le château de MAZARGUES, après
la mort du comte. Amoureux du lieu, il restaure patiemment le site et s’occupe
particulièrement des jardins. Il fini d’ailleurs ses jours ici, sans
descendance.
Françoise-Pauline de
GRIGNAN se marie avec Louis de
SIMIANE, marquis d’ESPARRON, gentilhomme de la chambre du régent de France
le Duc d’ORLEANS et Lieutenant Général en Provence, charge ou il succède d’ailleurs
à son beau-père.
Pauline, devant l’étendue des dettes de son père, pour régler
la succession doit se résoudre à vendre progressivement tous ses biens dont fatalement
un jour le château de MAZARGUES.
Le
7 décembre 1728, elle vend le château et ses terres à Joachim de GANTEL-GUITTON, écuyer et conseiller, secrétaire du roi.
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