LES QUARTIERS SUD
AUTOUR DU ROY D'ESPAGNE
HIER ET AUJOURD'HUI


QUARTIER DE :


Dossier évolutif a actualisation progressive suivant nos recherches et nos découvertes  !

Premiére version de ces pages sur le site le 17 février 2005 - Dernière mise à jour : 11 février 2010




Mazargues années 50

MAZARGUES est un ançien village situé à six kilométres du 

centre historique de Marseille. 

Il a été, peu à peu, absorbé par la ville depuis le début du 20éme siécle environ.

Il fait partie des 111 quartiers répertoriés en 1946 de la ville de Marseille lors du

découpage par arrondissements: 

Voici son histoire !


« Village brûlé par le soleil du midi et par les torches révolutionnaires, village sans arbres ni sources, village hydrophobe, qui ne boit qu’à la pluie, et dont tous les habitants sont hydropiques : Ce village s’appelle MAZARGUES ! »

Voici les termes, peu flatteurs, employés dans un de ses livres, en 1853, par le célèbre poète et romancier Marseillais Joseph MERY, pour illustrer ce village et commenter sa particulière sécheresse de sol et de climat.

En effet, l’absence de sources ou de rivières a très longtemps handicapé le développement du village et pénalisé ses habitants.

L’arrivée du canal de MARSEILLE à MAZARGUES * change pourtant totalement la configuration des lieux et transforme littéralement la physionomie des champs et jardins du secteur lors de la deuxième partie du 19ème siècle et au début du 20ème.

* L’eau du canal arrive à MARSEILLE,  au palais Longchamp,  le 19 novembre 1849. En cette même année 1849 on creuse la branche sud de ce canal au niveau de MAZARGUES. Il  faut  encore quelques années pour terminer l’ouvrage et la mise en eau est effectuée entre 1854 et 1856.

Alfred SAUREL, en 1876 dans son « dictionnaire des villes et villages du département des BDR », précise ceci :

« Il y a un quart de siècle à peine les environs de Mazargues étaient d’une sécheresse telle qu’ils ont inspiré vingt fois le pinceau de LOUBON, le peintre des rochers de MARSEILLE, et ce n’est qu’à grand peine que l’on pouvait obtenir de l’ombrage autour des bastides. Le pin seul rompait la monotonie du tableau et permettait aux propriétaires de croire qu’il y avait la possibilité dans leurs terres de humer un peu d’air frais. Aujourd’hui tout est changé, et le canal de MONTRICHER a créé des vergers et des prairies dans la plaine que remplissaient seules autrefois le thym et la lavande »

Ensuite, et malheureusement, la démographie galopante fait son « œuvre » ; surtout dans la deuxième partie du 20ème siècle, et change, à son tour, rapidement la physionomie des lieux.

Comme pour tous les autres quartiers Marseillais, les immeubles, le béton et les voitures ont progressivement remplacé les champs de carottes et de salades jusqu’à nos jours où elles ne se trouvent plus désormais que sous cellophane, au CARREFOUR du coin.


Mazargues - Boulevard de la Concorde - années 1910

Mazargues - Boulevard de la Concorde - année 2007

Mazargues - Boulevard de la Concorde - années 1910

Mazargues - Boulevard Beau Soleil - années 1910


Mazargues - Grand Rue - années 1910

Mazargues - Grand Rue - année 2007


Mazargues - Grand Rue - années 1910






HISTOIRE ET NOM :

Le commencement de l’histoire de ce village ancien se situe certainement au moment de l’époque Romaine ;  MACII AGER (le champ de MACIUS) voilà comment s’appelait ce lieu. Il existait effectivement une famille de ce nom qui habitait ici comme le prouve une pierre de sépulture trouvée dans le quartier, au début du 19ème siècle, au nom de TITUS MACIUS MARCELLUS.

Au début 1800 on pouvait encore y voir, selon Joseph MERY, des ruines attribuées aux ROMAINS. Une voie Romaine passait d’ailleurs par MAZARGUES venant de MARSEILLE, elle allait jusqu’à CITHARISTA (LA CIOTAT)

Ce dernier point divise d’ailleurs les historiens qui se sont penchés sur le passé du village car une telle route sur un tel axe aurait été bien plus logique via la vallée de l’Huveaune.

Oui, mais sauf si elle venait à dater du temps ou cette vallée de l'Huveaune était fermement tenue par les Celto-Ligures de  l’oppidum de Saint MARCEL, en guerre contre les Massaliotes !

Alfred SAUREL, en 1876, dans son « dictionnaire des villes et villages du département des BDR », précise même :

«Nous avons autant de peine à penser que la route tracée par les aborigènes suivie ensuite par les Massaliètes et pratiquée enfin par les Romains et allant de Marseille à Cytharistes  passait par Mazargues. La véritable route était celle qui dessert le Rouet, Sainte-Marguerite  et fléchissant derrière Saint-Joseph, gravissait ensuite directement la Gineste et suivait le vallon au-dessous de la Gardiole»

Oui, monsieur SAUREL, avant d’être Romaine, cette route était Massaliote et permettait de relier MASSALIA à ses comptoirs de la côte à une période ou le territoire Marseillais s’étendait uniquement sur le littoral* ; de TAUROENTUM (LES LECQUES) à l’étang de BERRE

Une petite bifurcation s’en détachait assurément du coté de l'actuelle colline Saint Joseph, vers l’actuel REDON, pour descendre vers MAZARGUES.

* On le sait, les Massaliotes n’ont longtemps tenu qu’uniquement les bords de mers dans leur guerre contre les Celto-Ligures …


Mazargues, vue d'avion au début des années 1980

Mazargues -  fête des vieux en 1912

 

Comme pour BONNEVEINE et les autres quartiers environnants, les plus anciennes traces écrites concernant ce village se trouvent dans les archives de l’abbaye de SAINT VICTOR  MARSEILLE) et datent de 1096 et de 1113.

A cette époque, pas de village : seulement quelques Mas qui s’éparpillent sur ce qui était appelé « VALIS DE MARSANGES (Vallée de MARSANGES) », comme indiqué dans ce premier acte de 1096 : MARSANGES, vallée dépendante du territoire de SAINT GENES*

*SAINT GENEZ, notre SAINT GINIEZ actuel, situé, en ces temps-là du moyen âge, autour de l’église bâtie sur le bas de l’actuelle rue Paradis).

Puis, en 1113 on lit dans un autre document conservé à Saint VICTOR la phrase : «  … ma terre que je possède, près de ma bastide au lieu appelé MARZANEGES » 

(lire ici  http://www.cn-telma.fr/originaux/charte4373/ )

On connaît même l’existence d’une chapelle Chrétienne sur le site en 1182, une petite chapelle dépendante de l’abbaye de Saint VICTOR et dédiée à Saint PIERRE.

En 1278 c’est MASSANEGES, en 1338 MASSANGUES, on cite ensuite MASSANÈGUES en 1350. Entre temps, vers 1332, on trouve pourtant un acte qui nomme ces terres MASSARGUES.

On recense aussi MAS ARGOS, dérivé du Grec, traduit par l’étymologiste MEYNIER par « Métairie neuve » ou par d’autres par « maison des champs », et encore MAS AGGERIS traduit par «maison du chemin ».

En 1708, on lit,  sur la carte de Nicolas de FER (ci-dessous)  : MAZARGUE.

En 1779, sur la carte de CASSINI, c’est  MASARGUES

L’appellation MAZARGUES, orthographié comme nous connaissons de nos jours prend source à la fin du 18ème siècle.



Carte du milieu du 18éme


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