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Au milieu de cet énorme périmétre se trouvait un grand étang dénommé: l'étang d'ANTIGNANES. Vers l'an 1000, sous l'impulsion des moines de Saint VICTOR, il fût décidé d'assecher cet étang afin de dégager des terres fertiles à cultiver. L'assechement (très, très) progressif dura plus de 500 ans avec, en point final, la création du BEAL (voir plus loin) En 1040, on cite ces terres, dans différents textes et actes, par « Arcola » ou « Arcollens » puis ensuite « Arcoulens » en 1212. C’est en 1310 qu’apparaît le nom de "BONAVENA" dans un acte notarié du 19 septembre. Puis dans une charte des archives municipales de 1333, on lit que c'est devenu "BONA AVENA". Peut-être pour "Bonne Avoine" qui évoquerait, pour certains, la fertilité de ses anciens champs. C'est cette version qui est communément admise, de nos jours, par une majorité de personnes. Mais c'est une théorie sans certitudes étayées par un texte d'époque quelconque le précisant. Personnellement je n'y crois absolument pas du tout ! Dans la charte dite "Bulle du Pape URBAIN V", du 27 février 1364, est citée "BONE AVENA". En 1544, la famille LACAPEDE, dont un membre fût échevin de la ville de MARSEILLE (Echevin : Magistrat municipal chargé d'assister le maire sous l'ancien régime) obtenait le droit de dévier les eaux de l'Huveaune, un peu avant de leur jonction avec celles du Jarret, et des conduire à la mer à travers les campagnes. Il créa le BEAL* (dit "de BARRAL" à partir de 20 ans plus tard). Ce nouveau bras de rivière permit l'asséchement définitif des terres alentours qu'il servait désormais à irriger réguliérement pour l'agriculture. Il continuait vers le secteur du futur parc BORELY ou il y alimentait une cascade et un petit lac avant de replonger dans l'Huveaune. Une petite dérivation s'en détachait et allait même jusqu'en face l'actuel début du boulevard LEAU ou il alimentait un lavoir public. (*: BEAL : nom d'un canal en pente utilisant la gravité pour acheminer l'eau en un lieu précis. Partie d'un cours d'eau, entre deux chutes, d'un canal de navigation on d'une rivière canalisée. Petit canal permettant d'amener l'eau d'une rivière vers un moulin .) En 1459, ALARANUS, aumonier de SAINT VICTOR, achéte une terre à BONAVENA. En 1562, Honoré BARRAL (d'ou le nom du Beal) construisit un grand moulin sur cette "veine" de la rivière en un lieu dit "Arcollens" ou "Recollens" localisé de nos jours sous le boulevard ... BARRAL. En 1662, un acte de l'Abbaye de SAINT VICTOR cite "BUONOVENO". Vers 1700, on cite toujours ces terres avec « Recollens » ou « Bone vene Arcollens ». En 1791, on lit dans un décret de l'assemblée Nationale BONNE-VENNE Alfred SAUREL dans son "Dictionaire des villes, villages et hameaux des Bouches du Rhone" paru en 1875 cite BONA VUELNA ou BUOU DE VUELNA. Il indique que notre HUVEAUNE actuelle s'est appelé à l'origine UBELKA, puis LA VUELNE ... Puis, vers 1713, .... LA VEINE. |
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Bref, pas mal de noms différents mais, finalement, et si l'origine du nom actuel provenait, tout bonnement et tout simplement, de la popularisation de la petite "veine" du BEAL qui traversait les terres de l'actuel quartier et qui, assurément vénéré par les autochtones pour ses bienfaits pour l'agriculture, l'auraient qualifié de "bonne". BONNE VEINE ( BONO VENO en Provencal)... le nom d'un ruisseau artificiel ? Bien envisageable, bien plausible, bien possible ! Surtout que, si de nos jours tout le monde situe Bonneveine entre le rond point du même nom, la vieille chapelle, le lapin blanc, Mazargues et le Roy d'Espagne .... avant 1850, toutes les cartes et les textes existants parlent plutôt des terres entre St Giniez, Ste Anne, l'hippodrome, Borely et le rond point ! Soit exactement le secteur de cet ancien canal ... |
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![]() Villa RICHEMONT - Bonneveine Marseille - 1905 |
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Toute cette grande partie du terroir Marseillais a longtemps été dépendante de la Seignerie de MAZARGUES. Elle était couverte, du 17éme au 19éme siécle, de grandes propriétés pourvues de grandes bastides bourgeoises ou de petits chateaux. Leur style était sobre et dépouillé, disposés et dispersés au milieu de grands parcs ombragés par de grands arbres touffus. La population de ces terres a progressé très lentement pour atteindre péniblement 380 personnes en 1818 puis 935 habitants vers 1876. Il y avait ici des chemins tortueux, de 4 métres de large, qui menaient aux rares maisons. Le vieux chemin vicinal de MONT REDON (plus anciennement encore "chemin de BONE AVENA") débutait sur le chemin de MAZARGUES après le pont de l'huveaune, à BEL OMBRE (comme actuellement d'ailleurs mais sous d'autres noms) et il allait jusqu'à la VIEILLE CHAPELLE. Depuis, cette route historique a été coupée en trois parties distinctes. Nous, nous connaissons ces routes, qui ont gardées leurs tracés d'origine, sous les noms de AVENUE ALEXANDRE DUMAS, AVENUE CLOT BEY (depuis 1895), BOULEVARD JOSEPH VIDAL (depuis 1959). Les grands terrains alentours étaient donc, jusqu'après la guerre de 14/18, occupés par de petites fermes, champs, granges et autres jardins potagers. Après la guerre de 40, les grands espaces de verdure ont progressivement disparus remplacés, tour à tour, par des habitations et des grands ensembles grisoullieux entourés d'asphalte (surtout à partir des années 60). Adieu, alors, le charme campagnard et reposant des petits chemins ruraux appelés "calades", bordés de grands murs en pierres séches au dessus desquels stridulaient les cigales dans les grands pins. On a bien du mal à croire, en observant les alentours aujourd'hui, que cela a bel et bien existé et ce, seulement, en plus, il y a moins de ... 150 ans. |
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Voici l'origine des noms des rues les plus connues de ce quartier qui vont vous reveler certains détails
du passé.
Boulevard des NEIGES : Au XVIéme siècle il y avait une petite chapelle dans le quartier de Bonneveine dédiée à Notre Dame de MONTSERRAT. En 1677, elle était en si mauvais état que la démolition est ordonnée pour être remplacée par un nouveau sanctuaire, plus spacieux, placée sous le vocable de Notre Dame des Neiges. En 1724, il est à son tour remplacé par la nouvelle église. C’est dans ce boulevard qu’est créée, en 1848, la mutuelle Saint Jean Baptiste, société de secours mutuel à l’emplacement de l’ancienne chapelle de Bonneveine, et dont la porte provenait du bâtiment détruit. Boulevard du COLLET: Cette route se nomme ainsi, tout simplement, parce qu'elle menait, à l'époque au chateau du Collet, qui n'est pas le chateau de BONNEVEINE, situé, lui, boulevard LEAU. Il fût construit par monsieur ROUX (un procureur) au début du 20éme siécle et fut partiellement dédruit à la fin de la 2éme guerre mondiale et complétement rasé en 1971. Ce chateau avait deux tours aux toits pentus et recouvert d'ardoises. Avant le chateau, l'endroit fut occupé par l'élevage de cailles de monsieur AMPHOUX.
Le collet est, lui, une très petite colline, qui, bien avant la construction du chateau, se nommait "petit Redon" (altitude 56m) en opposition au "gros Redon" (actuellement le mont Rose à Montredon). Cette grosse "butte" dominant la plage et frontiére des terres séches du temps du marais qui finissait là avant le moyen age, s'appelait PODIUM ROTONDUM puis MONS TOTONDUS pour finalement ensuite devenir LE COLLET. |
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Le chateau du Collet (vers 1920) |
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| Rue du Docteur Gabriel BERTRAND: du nom du docteur & chirurgien qui créa la clinique mutualiste en 1927. Il acheta une villa nommée INNESVAL ( qui avec deux autres villas PLATA et EDWIDGE formait la propriété SAIAS) et il en fait don au grand conseil de la mutualité pour être transformé en clinique. Des travaux furent indispensables pour réunir les 3 villas en un seul batiment et la clinique fût inaugurée le 24 avril 1927 par le président de la république gaston doumergue. |
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Avenue du LAPIN BLANC : ancienne avenue de la pinéde. Du nom de l'ancien établissement du nom de "au lapin blanc", une auberge qui existait naguére du coté du boulevard des JONCS. Traverse PARAGON : Traverse le lieu dit Vallon de Paragon ». Apparaît sur le plan cadastral de 1880. Propriété de la famille GRAS di Grasset dès 1791 jusqu’en 1890. Boulevard des JONCS : Ce boulevard traverse l'ancienne plaine dite "des joncs" au fond du parc de la clinique Mutualiste. Boulevard du SABLIER : Ce nom provient de la route qui menait à la carrière de sable exploitée au 19éme siècle sur l'actuel Roy d'ESPAGNE. Une partie de ce terrain avait été achetée par la société des mines de sable de Montredon le 10 décembre 1853. 8 hectares furent achetés à Brutus SEGUR. La famille RENOUX possédait également une certaine surface qu’elle cède le 1er avril 1856 à la famille Fouque. |
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Alfred SAUREL, auteur du fameux "Dictionnaire des villes et villages des BDR" paru en 1875, parle de BONNEVEINE, à cette époque, en ces termes : "... il est malaisé d'en déterminer le point central; les maisons éparpillées le long de nombreux chemins qui vont s'entrecroisant de la manière la plus inattendue, se cachent en quelque sorte. L'église, elle-même, ne se trouve pas dans un des principaux chemins. Il est bien difficile, malgré le clocher en pyramide qui la signale à grande distance d'arriver jusqu'à elle. Un tel chaos de lignes brisées, de tournants, et de tronçons de boulevards bordées d'habitations plus ou moins suivie, parait d'autant plus singulier qu'on est près du chateau Borely dont les voies d'accés sont, coté du Prado, si régulières, si bien ménagées." |
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Le peintre Michel SERRE dit "le peintre de la peste", suite à ses nombreuses peintures sur le sujet en 1720 et à sa noble attitude devant le fléau, avait une bastide en son temps dans le quartier qui fut plus tard transformée en cabaret. Il avait même acheté plusieurs maisons et terrains entre l'actuel Saint Giniez et MAZARGUES. Il avait peint de grandes fresques dans sur les mur de la chapelle de la bastide TEYSSEIRE (anciennement bastide de VALBELLE, puis BEAUVOISIN, puis DEMANLDOX). |
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![]() Le champ de course, la plage et le quartier de Bonneveine dans les années 50 |
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L'hippodrome ouvrit en 1860 et il est facile d'imaginer à quel point il rendit le quartier de BONNEVEINE extraordinairement vivant. Quelle animation joyeuse le jour des courses. De nombreuses et importantes écuries furent créées aux alentours. Elles appartenaient à un ou plusieurs propriétaires de chevaux. Quelques noms ont traversés les décénnies : MOURGUES D'ALGUES, MASSOT, TRABOT, ZAFIROPOULOS, le Comte d'ESTOURNEL, ... Les entraineurs, les lads et les jockeys vinrent habiter le quartier lui donnat une impultion et une coloration nouvelle. Un vieux pharmacien du quartier racontait que les jockey y venaient réguliérement se peser et acheter des purges pour perdre du poids avant les courses. Tout le monde circulait tôt, dès 5h du matin, à cheval dans les chemins tranquilles et se retrouvaient le soir dans les bars pour y mettre une sacré ambiance. A noter, qu'hormis les cheveaux, l'hippodrome a servi de terrain d'aviation et a accueilli en 1910 et 1911 les premières démonstrations avec le premier survol de MARSEILLE en présence de plus de 100.000 spectateurs massés aux alentours. Après la 2éme guerre mondiale en 1945 utilisérent le site comme aéroport en y construisant 3 pistes de 400 métres. Des milliers d'avions s'y sont posés et y ont décollés. Pendant longtemps d'ailleurs les hauteurs des constructions dans le quartier y ont été limités à cause de l'hyppodrome toujours classé par le Ministére de la Défense comme aéroport de secours. De 1948 à 1955, des courses automobiles y furent organisées ainsi que des courses de vélo. |
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Vue du Collet au début 1900
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| Guére
peuplé à la fin du 19éme siécle, ce
quartier connue une forte expansion avec le développement des moyens de transport. En avril 1876, fut inaugurée la ligne de tramway à chevaux Castellane-Bonneveine. Elle fut prolongée en 1880 jusqu'à Montredon avec un terminus place des Capucins. Puis la vapeur remplaça les chevaux et en 1899 la ligne fut électrifiée. Arriva 1900; le village de BONNEVEINE était, alors, entouré de grandes campagnes, fermes et de champs. On y cultivait des légumes et des fruits grace au canal de Marseille qui permettait (depuis 1860) l'irrigation de ces cultures grace aux ruissellement de ses eaux, depuis l'actuel quartier du Roy d'Espagne, ou il passe toujours en direction de MONTREDON, par de nombreuses et astucieuses "rigoles". Ces fermes étaient les "campagnes" VACARINO, GROS, PETROCCHINO, ALANTINI, ROUGEMONT, LE MEE, BLANC, ROUX DE CHARLEVAL, etc .... (le dernier maraicher du quartier a disparu en 2008 avec ses derniers champs sur l'avenue ZENATTI ) |
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A cette époque une partie du lait consommé, là bas en ville à MARSEILLE, était fournie par les laiteries de BONNEVEINE: c'était produit dans les fermes VIAL, DEMER, BLANC, DEMARCHI, GIORDANO, RE, DESMERO, ESPAGNOLO, PESSE, FAURE, ... Les laitiers utilisaient l'herbe des près et propriétés environantes pour nourrir les vaches. Les maisons TURCOR et TIZOT fournissaient également les éléveurs de porcs et les écuries de chevaux de course. De petites industries traditionnelles existaient dans le secteur: une "sparterie" d'où sortaient des objets en fibres végétales vannés ou tissés. Une fabrique d'espadrille, une société de filature, une corderie et une savonnerie. |
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![]() La savonnerie de BONNEVEINE se situait à l'emplacement de l'actuel foyer SONACOTRA, avenue des GOUMIERS |
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| En ces temps-là, de
nombreuses sociétés musicales prêtaient leurs
concours aux nombreuses fêtes organisées: Le cercle de la Paix, la Lyre de Bonneveine, la chorale de la renaissance, la société Philarmonique, l'harmonie Républicaine. Elles offraient au quartier d'agréables concerts pour la Sainte Cécile, la Sait Jean, le bal masqué de mardi gras, les fêtes votives. Les jeunes gens dansaient tous les dimanches au son de la viole (sorte de boite à musique dont on remontait le mécanisme à l'aide d'une manivelle). On y indroduisait une piéce de 5 centimes et la musique retentissait. Pour le 14 juillet, les habitants organisaient et décoraient un char qui défilait dans les rues principales. On savait s'amuser et faire la fête en ce temps-là .... cela a bien changé de nos jours .... |
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![]() Bonneveine en 1975 ( vue du Collet) |
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![]() Bonneveine vu d'avion en 1948 |
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![]() (billet nécrologique tiré du bulletin du CIQ de BONNEVEINE de 2009) |
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" les Lauriers" traverse PARENGON.Vers 1910 En 2010 |
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